MTR Legal Avocats https://www.mtrlegal.com Votre cabinet d'avocats full-service spécialisé en droit des affaires Wed, 14 Jan 2026 09:23:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 /wp-content/uploads/2023/06/mtrlegal-icon-mobile-150x150.png MTR Legal Avocats https://www.mtrlegal.com 32 32 L’année de séparation ne débute pas automatiquement avec le départ du domicile https://www.mtrlegal.com/fr/lannee-de-separation-ne-debute-pas-automatiquement-avec-le-depart-du-domicile/ Wed, 14 Jan 2026 07:33:25 +0000 https://www.mtrlegal.com/?p=246843

Décision de l’OLG Karlsruhe du 3 février 2025 – Réf. 16 UF 165/24

Avant qu’un divorce puisse être prononcé, le couple doit généralement respecter l’année de séparation, qui doit durer au moins un an. Selon la définition légale du couple marié, les époux doivent vivre séparément pendant au moins un an avant de pouvoir demander le divorce. L’année de séparation débute dès que les époux se démarquent l’un de l’autre, par une séparation spatiale et économique claire ainsi qu’une volonté affirmée de divorcer. Ce chapitre traite de la question juridique des conditions préalables et du déroulement de l’année de séparation. Une séparation uniquement spatiale ne suffit pas à établir la vie séparée. La séparation doit également être clairement déclarée et effectivement mise en œuvre, comme le montre une décision de l’OLG Karlsruhe du 3 février 2025 (Réf. 16 UF 165/24).

Exigences concernant la vie séparée

Pendant l’année de séparation, le couple ne doit pas former de communauté domestique. Il doit y avoir une séparation claire sur le plan spatial et économique. Il n’est pas toujours nécessaire qu’un partenaire quitte le domicile conjugal pour cela. L’année de séparation peut aussi se dérouler dans le logement commun, à condition que chaque époux tienne son propre ménage et que les ménages restent séparés. Sous certaines conditions, le couple peut également continuer à vivre sous le même toit, mais il doit alors y avoir une séparation claire des domaines de vie, notamment en ce qui concerne l’alimentation et le coucher.

Application pratique dans le domicile commun

La séparation ressort aussi du fait que les époux n’adoptent plus d’habitudes de vie communes et n’utilisent plus certains espaces ensemble. La situation de logement pendant l’année de séparation joue ici un rôle central car elle documente le respect des exigences légales. Pendant la période de séparation, les deux époux doivent tenir des ménages distincts et gérer leurs finances séparément afin de prouver la séparation sur le plan juridique. Le départ de l’un des époux n’est pas non plus automatiquement considéré comme le début de l’année de séparation, selon le cabinet d’avocats MTR Legal, spécialisé notamment en droit de la famille.

La question se pose souvent quant à la mise en œuvre pratique de la vie séparée dans le même logement. En lien avec l’échec du mariage, il convient de noter que le principe de solidarité conjugale demeure applicable pendant l’année de séparation, notamment en ce qui concerne les droits à pension alimentaire.

La distance spatiale seule ne constitue pas une séparation

L’affaire traitée par l’OLG Karlsruhe illustre bien comment l’année de séparation est appliquée dans la pratique et jugée juridiquement par les tribunaux. Dans la procédure en question, le couple s’est marié en 2007 et vivait depuis 2015, avec leur fille, dans une maison commune. Avec le temps, le mariage s’est détérioré. Les activités communes ont cessé.

En août 2022, le mari a emménagé chez ses parents, à environ 500 kilomètres, pour s’occuper de sa mère dépendante et occuper un nouvel emploi. Toutefois, il a gardé officiellement son ancienne adresse et rendait visite à son épouse et leur fille de façon occasionnelle les week-ends. D’après leurs déclarations concordantes, il n’y a plus eu de contacts intimes ni d’activités de loisirs communes. Dans de telles situations, cela peut entraîner des difficultés juridiques ou émotionnelles, notamment si la séparation n’est pas clairement réalisée ou documentée. La situation juridique du partenaire qui quitte le foyer reste importante, notamment concernant le bail et la question de savoir si le domicile a effectivement été abandonné.

Pour l’épouse, le départ de son conjoint marquait le début de la séparation. Elle a finalement informé son mari de sa volonté de se séparer lors d’un entretien en juillet 2023. À l’automne 2023, elle a déposé la demande de divorce, estimant que l’année de séparation était accomplie depuis le départ de son époux un an auparavant.

Séparation de table et de lit

Importance pour la vie séparée pendant l’année de séparation

En droit du divorce allemand, la séparation de table et de lit est un critère central de la vie séparée pendant l’année de séparation. Plusieurs aspects doivent être pris en compte, notamment les conséquences juridiques et pratiques comme la garde des enfants, la pension alimentaire et les accords de divorce. Cela signifie que les époux ne vivent plus comme un couple, mais distinguent clairement leurs domaines de vie. Cela concerne aussi bien les repas, que le fait de dormir et l’organisation des loisirs. Pour le juge aux affaires familiales, la séparation de table et de lit constitue un indicateur important que la communauté conjugale a effectivement pris fin et que l’année de séparation a bien débuté selon la loi.

Vie séparée malgré le logement commun

En Allemagne, il est fréquent que des couples continuent à vivre dans le même logement après leur séparation – souvent pour des raisons financières ou dans l’intérêt de leurs enfants. Dans un tel cas, il est particulièrement important que les conjoints organisent leur vie domestique séparément. Cela implique par exemple que chaque époux utilise une chambre distincte, gère un budget séparé et ne prenne plus les repas en commun. L’utilisation des espaces communs tels que la cuisine ou la salle de bain devrait également idéalement avoir lieu à des horaires différents afin de rendre la séparation évidente aux tiers et au juge aux affaires familiales.

Conséquences sur l’année de séparation et la pension alimentaire

La séparation de corps et de lit n’est pas seulement pertinente pour le déroulement de l’année de séparation, mais peut également avoir des conséquences sur le droit à la pension alimentaire pendant la séparation. Il est particulièrement important de respecter le délai légal d’un an pour l’année de séparation, car ce délai est aussi déterminant pour la revendication de droits alimentaires. Celui qui peut prouver qu’il vit effectivement séparé peut, dans certains cas, faire valoir des droits à la pension alimentaire. Lors de la procédure de divorce, le tribunal de la famille examine avec précision si les conditions de l’année de séparation sont remplies, en particulier lorsque les époux vivent encore sous le même toit.

En pratique, il est recommandé de documenter aussi précisément que possible la répartition du logement et la fin de la vie commune. On peut ainsi éviter des malentendus et des litiges ultérieurs. En cas de doutes ou de questions concernant la séparation de corps et de lit, l’année de séparation ou d’autres aspects du droit de la famille, il est conseillé de solliciter dès le début des conseils juridiques. Un avocat spécialisé en droit de la famille peut aider à clarifier ses droits et obligations dans le cadre du divorce et de la pension alimentaire de séparation, et à organiser le déroulement de l’année de séparation en toute sécurité juridique.

Demande de divorce rejetée

Comme le tribunal de la famille compétent, la cour d’appel de Karlsruhe (OLG Karlsruhe) a également rejeté la demande de divorce. Elle a estimé que l’année de séparation n’était pas remplie, car la demanderesse n’avait pas pu prouver de manière suffisante qu’une réelle séparation juridiquement pertinente existait depuis au moins un an. Certes, il existait une séparation spatiale, mais il manquait la déclaration sans équivoque de la volonté définitive de se séparer à l’égard de l’époux. L’annonce supposée ne suffisait pas à prouver une rupture claire de la communauté conjugale.

Le tribunal a d’abord précisé qu’aux termes de l’article 1565, alinéa 1 du BGB, un mariage peut être dissous s’il est considéré comme ayant échoué. L’échec du mariage est présumé selon l’article 1566 BGB lorsque les époux vivent séparés depuis au moins un an et que les deux souhaitent divorcer ou que l’un des deux rejette la reprise de la vie commune.

Intention subjective de séparation comme condition préalable à l’année de séparation

Quand y a-t-il vie séparée au sens de l’article 1567 BGB ?

Vivre séparément, au sens de l’article 1567 BGB, signifie qu’il n’existe plus de communauté domestique entre les époux et qu’au moins l’un des partenaires ne souhaite plus la réinstaurer. Cette intention subjective de mettre définitivement fin au mariage n’était pas suffisamment reconnaissable dans ce cas précis, selon la cour d’appel.

Pour motiver sa décision, la cour relève que le déménagement du mari en août 2022 avait eu lieu pour des raisons familiales et professionnelles, et non dans l’intention de mettre un terme au mariage. Ce changement ne constituait donc pas encore, au départ, une séparation au sens juridique. L’année de séparation ne commence qu’à partir du moment où l’un des conjoints déclare explicitement ne plus vouloir poursuivre la communauté de vie conjugale. Cette déclaration doit en outre parvenir à l’autre conjoint de manière claire et indubitable. Des allusions vagues, des disputes ou une distance émotionnelle ne suffisent pas à cet effet.

Pas de déclaration de séparation claire : l’année de séparation n’a pas commencé valablement

Le problème tenait au fait que l’épouse n’a pas pu prouver de façon évidente, en juillet 2023, la volonté de séparation qu’elle invoquait. Selon le tribunal, il s’agissait plutôt d’une discussion générale sur la difficulté de la relation, et non d’une déclaration de séparation claire. Le fait qu’ils aient passé la nuit ensemble par la suite montre également que la volonté de mettre définitivement fin au mariage n’existait pas encore à ce moment. Les contacts ultérieurs, comme la visite du mari en novembre 2023, soulignaient en outre qu’aucune séparation continue et conséquente n’avait été maintenue, selon la cour d’appel de Karlsruhe. Dès lors, il manquait un début clair de l’année de séparation et la demande de divorce avait donc été déposée trop tôt.

Enfants et autorité parentale durant l’année de séparation

Responsabilité des parents et stabilité pour l’enfant

L’année de séparation représente un grand défi non seulement pour les époux, mais surtout pour les enfants. Pendant que les parents organisent leur séparation et définissent le déroulement de l’année de séparation, les enfants doivent s’habituer à leur nouvelle situation de vie. Surtout durant cette phase sensible, il est particulièrement important que les deux parents continuent d’assumer leurs responsabilités envers l’enfant et veillent à sa stabilité.

En droit allemand du divorce, l’autorité parentale conjointe demeure en principe pendant l’année de séparation. Cela signifie que les deux parents continuent à décider ensemble des questions importantes concernant l’enfant – qu’il s’agisse de l’école, des traitements médicaux ou du lieu de résidence. Ce n’est que dans des cas exceptionnels, si le bien de l’enfant est en danger ou si l’un des deux parents manque gravement à ses devoirs, que le tribunal de la famille peut, sur demande, attribuer l’autorité parentale à un seul parent.

Droit de visite et pension alimentaire pour l’enfant pendant l’année de séparation

Le droit de visite doit également être réglé si possible à l’amiable pendant la période de séparation. L’enfant a le droit de maintenir un contact régulier avec ses deux parents, quel que soit celui chez qui il vit principalement. Des solutions concertées entre les parents sont non seulement dans l’intérêt de l’enfant, mais évitent aussi des litiges longs et éprouvants devant le tribunal de la famille. En cas de conflit, le tribunal peut fixer une règle de visite mettant l’intérêt de l’enfant au premier plan.

Outre la garde, la pension alimentaire pour enfant joue également un rôle important pendant l’année de séparation. Le parent chez qui l’enfant ne réside pas est généralement tenu de verser une pension alimentaire. Le montant de la pension est déterminé selon ce que l’on appelle le barème de Düsseldorf et tient compte des revenus du parent débiteur.

Importance du comportement parental dans la procédure de divorce

Les parents doivent savoir que leur comportement durant l’année de séparation peut aussi influencer la procédure de divorce ultérieure ainsi que les décisions du tribunal. Mettre l’intérêt de l’enfant au premier plan, coopérer avec l’ex-partenaire et éviter les conflits sont les meilleures conditions pour un divorce par consentement mutuel et un avenir stable pour l’enfant. En cas de doute concernant la garde, le droit de visite ou la pension alimentaire, il est conseillé de demander conseil juridique rapidement afin de clarifier les droits et devoirs liés à la séparation et au divorce.

Documenter le début de l’année de séparation

La décision montre que, d’un point de vue juridique, la séparation signifie plus que le simple départ du domicile conjugal. Toute personne souhaitant divorcer doit aussi communiquer clairement cette intention à son partenaire et, dans la mesure du possible, la documenter. Sinon, le début de l’année de séparation peut être reporté, ce qui peut aussi avoir des conséquences sur le partage des biens lors du divorce.

Cet article propose un aperçu des aspects essentiels de l’année de séparation.

MTR Legal Rechtsanwälte conseille sur la séparation et le divorce ainsi que sur d’autres sujets du droit de la famille.

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Loi sur la participation d’un tiers : codécision au sein du conseil de surveillance du groupe https://www.mtrlegal.com/fr/loi-sur-la-participation-dun-tiers-codecision-au-sein-du-conseil-de-surveillance-du-groupe/ Fri, 09 Jan 2026 07:00:57 +0000 https://www.mtrlegal.com/?p=246835 Introduction à la codécision

La codécision est un pilier central du droit du travail allemand et garantit la participation des salariés à la gestion de l’entreprise. La loi sur la participation d’un tiers des salariés au conseil de surveillance – appelée loi sur la participation d’un tiers (Drittelbeteiligungsgesetz, DrittelbG) – régule dans quelles entreprises les salariés obtiennent un droit de regard au sein du conseil de surveillance. Cette loi fédérale s’applique aux entreprises de certaines formes juridiques, telles que les sociétés anonymes (AG), les sociétés à responsabilité limitée (GmbH), les sociétés en commandite par actions (KGaA), les associations d’assurance mutuelle (VVaG) ainsi que les coopératives commerciales et d’acquisition, à condition qu’elles emploient en règle générale plus de 500 salariés.

Composition et objectif de la participation d’un tiers

La loi sur la participation d’un tiers stipule que le conseil de surveillance de telles entreprises doit être composé pour un tiers de représentants des salariés. Cette participation d’un tiers garantit que les intérêts des salariés sont représentés au conseil de surveillance, sans pour autant que les représentants des salariés constituent la majorité. La codécision selon la DrittelbG est ainsi conçue de manière sous-paritaire, ce qui signifie que les actionnaires conservent la majorité au conseil de surveillance tandis que les représentants des salariés occupent un tiers des sièges.

Élection et droits des représentants des salariés

L’élection des représentants des salariés est organisée par l’ensemble des employés de l’entreprise, par scrutin secret direct. Les représentants élus siègent pour un mandat de quatre ans aux réunions du conseil de surveillance, défendent les intérêts des employés et ont le droit de soumettre des propositions ainsi que de surveiller la gestion de l’entreprise. Leurs droits et devoirs essentiels incluent la demande d’informations sur la gestion de l’entreprise et le contrôle du respect des dispositions légales et internes à l’entreprise.

La loi sur la participation d’un tiers est une partie importante de la codécision des entreprises en Allemagne et complète d’autres règles du droit du travail telles que la loi sur la constitution des comités d’entreprise (Betriebsverfassungsgesetz, BetrVG) et la loi sur la codécision (Mitbestimmungsgesetz, MitbestG). Alors que la DrittelbG s’applique aux entreprises à partir de 500 salariés, les entreprises plus grandes comptant plus de 2 000 salariés sont soumises à des droits de codécision étendus selon la Mitbestimmungsgesetz.

Importance et champ d’application de la loi sur la participation d’un tiers

L’application de la loi sur la participation d’un tiers dépend de la taille de l’entreprise et de sa forme juridique. Les entreprises soumises à cette loi sont tenues de constituer un conseil de surveillance composé d’au moins trois et au plus 21 membres. Un tiers des membres du conseil de surveillance doit être constitué de représentants des salariés élus par les employés.

La codécision selon la loi sur la participation d’un tiers renforce le partenariat social en Allemagne et favorise une coopération étroite entre employeurs et salariés. Elle contribue à intégrer les intérêts des employés dans la gestion de l’entreprise et garantit plus de transparence et de contrôle au sein de l’entreprise. La DrittelbG est ainsi un instrument central pour la participation des salariés aux décisions importantes de l’entreprise et un exemple de la culture reconnue de codécision en Allemagne.

Effectif des salariés de la société mère déterminant selon la loi sur la participation d’un tiers (DrittelbG) – KG Berlin – Réf. 14 W 2/25

À partir d’un effectif de 500 salariés, une GmbH doit, selon la loi sur la participation d’un tiers (DrittelbG), mettre en place un conseil de surveillance auquel les salariés participent à hauteur d’un tiers. Le dépassement de ce seuil impose l’obligation de constituer un conseil de surveillance conformément aux prescriptions de la loi. Pour plus de 2 000 salariés s’applique la loi stricte de codécision (MitbestG) avec une composition paritaire du conseil de surveillance. La Cour d’appel de Berlin a précisé par décision du 17 juin 2025 que pour le calcul du seuil dans les groupes, seul l’effectif des salariés de la société mère est déterminant, et non l’ensemble des employés du groupe (Réf. 14 W 2/25).

Le dépassement du seuil a des impacts importants sur la structure de l’entreprise et illustre la dépendance aux réglementations légales. Les entreprises peuvent chercher à respecter les exigences légales en modifiant leur structure ou composition. La base de ces règles se trouve dans le droit du travail, l’application de la loi sur la participation d’un tiers étant particulièrement pertinente pour certaines formes de sociétés telles que les GmbH et les sociétés anonymes.

Seul le nombre des salariés employés de façon régulière est pris en compte. Les salariés à temps partiel et les apprentis sont inclus dans le calcul ; en revanche, les cadres dirigeants au sens de la BetrVG ne le sont pas. Les fluctuations temporaires du nombre de salariés ne sont pas prises en considération.

Les questions typiques concernent le calcul exact du seuil, l’application de la loi et les obligations qui en découlent pour les entreprises.

Attribution des salariés des filiales

Base légale de l’attribution selon la loi sur la participation d’un tiers

Dans les structures de groupe, la question se pose régulièrement de savoir si les salariés des filiales doivent être pris en compte pour le calcul du nombre d’employés de la société mère. Dans le cadre des dispositions légales de la loi sur la participation d’un tiers (Drittelbeteiligungsgesetz, DrittelbG), il convient de noter que l’imputation des salariés est étroitement liée aux exigences juridiques de cette loi. Le champ d’application de la loi couvre notamment les sociétés de capitaux telles que les sociétés anonymes et les GmbH, cependant, dans les structures de groupe, l’attribution ne s’effectue que sous certaines conditions. La dépendance de cette attribution à un contrat de domination ou à une intégration de la filiale dans la société mère est déterminante. La loi sur la participation d’un tiers contient une réglementation spécifique à cet égard dans l’article 2. Ainsi, l’attribution n’a lieu que si un contrat de domination existe entre la société mère et ses filiales, ou si la filiale est intégrée dans la société mère. Ce n’est que dans ce cas que les salariés des filiales sont également considérés comme des salariés de l’entreprise dominante, selon le cabinet d’avocats MTR Legal Rechtsanwälte, spécialisé notamment en droit des sociétés.

Les conséquences de cette attribution affectent de manière significative la structure de l’entreprise ainsi que la cogestion au sein du conseil de surveillance. Des questions typiques et des incertitudes apparaissent fréquemment concernant l’interprétation des conditions légales et la mise en œuvre pratique de l’attribution. La base de ces règles se trouve dans le droit du travail, les différentes formes sociales jouent un rôle central pour l’application de la loi sur la participation d’un tiers. L’information des salariés sur cette attribution et ses effets est essentielle pour la transparence et la participation dans l’entreprise.

Décision du tribunal régional de Berlin concernant l’attribution des salariés

Le cas que le tribunal régional de Berlin a dû trancher reposait sur la situation suivante : une société holding sous la forme juridique d’une GmbH employait elle-même environ 290 salariés. Ses filiales et sociétés filles comptaient cependant ensemble plus de 900 salariés. Les représentants des salariés soutenaient donc que la holding était soumise à la loi sur la participation d’un tiers, car le groupe dans son ensemble employait largement plus de 500 salariés. Les salariés des filiales devaient être attribués à la holding parce que celle-ci dirigeait effectivement le groupe et décidait des orientations stratégiques et des questions de personnel essentielles. Ils ont donc demandé la mise en place d’un conseil de surveillance avec des représentants des salariés.

Le tribunal de grande instance de Berlin avait rejeté cette demande. Le tribunal régional de Berlin a confirmé cette décision et a rejeté le recours des représentants des salariés. La société holding n’était pas soumise à la loi sur la participation d’un tiers, car les conditions requises pour l’attribution des salariés des filiales n’étaient pas réunies, selon le tribunal régional.

Contrat de domination ou intégration requis

Conditions d’attribution des salariés selon l’article 2, paragraphe 2, de la DrittelbG

Pour motiver sa décision, le tribunal a précisé que l’article 2, paragraphe 2, de la DrittelbG contient une disposition claire. La force et le contenu de la loi déterminent que l’attribution des salariés des autres entreprises du groupe n’est possible que sous certaines conditions. En effet, les salariés d’autres entreprises du groupe sont imputés à l’entreprise dominante uniquement s’il existe un contrat de domination ou si l’entreprise dépendante est intégrée dans la société dominante. La base de cette attribution réside dans la réglementation légale et montre que celle-ci dépend de conditions juridiques clairement définies. Dans le cas présent, ces deux conditions étaient incontestablement non remplies. Il n’existait ni contrat de domination ni intégration juridique des filiales dans la holding.

Les conséquences d’une absence d’attribution concernent notamment les droits des salariés et la composition du conseil de surveillance, car elles limitent la cogestion. Une attribution fondée uniquement sur un pouvoir de direction factuel ou une direction unifiée n’est pas prévue par la loi. Le libellé de la loi est en ce sens clair et exclut toute interprétation extensive. La protection des représentants des salariés au sein du conseil de surveillance contre toute discrimination est une préoccupation centrale de la loi pour garantir leurs droits. L’information des salariés sur le champ d’application et la portée de la loi ainsi que les questions fréquemment posées pour sa mise en œuvre pratique sont d’une grande importance pour la sécurité juridique. Il convient de noter que la législation et sa mise en œuvre pratique sont étroitement liées. La base en droit du travail et le rôle des différentes formes sociales, telles que les sociétés anonymes et les GmbH, déterminent largement le champ d’application et la portée de la loi sur la participation d’un tiers. Il convient de souligner particulièrement la position des membres du conseil de surveillance dont la protection et les droits sont renforcés dans le cadre de la loi.

Décision du tribunal régional de Berlin : pas d’élargissement au-delà du texte légal

La Cour d’appel de Berlin a en outre souligné qu’il n’incombe pas aux tribunaux de créer une nouvelle catégorie d’imputation au-delà du libellé clair. Une telle extension judiciaire contournerait la volonté législative et brouillerait les seuils clairs du droit de codécision. L’argument des requérants fondé sur la protection des travailleurs dans la codécision n’a rien changé à cela. Le législateur a délibérément décidé que la prise en compte des salariés concerne uniquement les structures de groupe étroitement liées contractuellement – c’est-à-dire en cas de contrat de domination ou d’intégration.

Vérifier les structures sociétales : loi sur la participation d’un tiers et obligations des groupes

Pas d’obligation de participation d’un tiers sans lien contractuel de groupe

Ainsi, une holding GmbH comptant moins de 500 salariés propres n’est pas tenue de mettre en place un conseil de surveillance avec participation d’un tiers si aucun lien contractuel de groupe avec ses filiales n’existe. Les salariés des filiales ne sont pas imputés à la holding dans ce cas, a décidé la Cour d’appel de Berlin. Toutefois, une modification de la structure sociétale peut être nécessaire pour respecter l’obligation légale liée aux seuils de la loi sur la participation d’un tiers.

Dans la pratique, il apparaît que la mise en œuvre de la loi sur la participation d’un tiers peut avoir des répercussions significatives sur la structure de l’entreprise et l’organisation interne. Le droit du travail, les différentes formes sociétales et la base juridique de la loi jouent un rôle central dans l’application et l’interprétation des dispositions. Les entreprises et les salariés ont besoin d’une information complète sur les exigences légales et d’un accompagnement par un conseil juridique afin d’éviter toute incertitude.

De nombreuses groupes d’entreprises sont aujourd’hui organisés sous forme de holdings, où l’activité opérationnelle est déléguée aux filiales tandis que la holding elle-même n’emploie qu’un nombre limité de salariés. La chambre régionale a désormais clarifié que ces holdings doivent être évaluées uniquement sur la base de leur nombre propre d’employés, tant qu’aucun contrat de domination ou intégration n’est en vigueur.

Conséquences juridiques et obligations pour les entreprises

La procédure électorale pour la désignation des représentants des salariés au conseil de surveillance, sa bonne exécution et le rôle de la commission électorale sont essentiels pour la mise en œuvre pratique de la loi. La surveillance du respect des exigences légales, la protection des représentants des salariés contre toute discrimination ainsi que la garantie de leurs droits sont au cœur des régulations légales. Dans ce contexte opérationnel, des questions surgissent fréquemment concernant les droits des représentants des salariés et les relations entre actionnaires et salariés.

Cependant, l’existence de contrats de domination ou d’intégration peut déclencher le droit des représentants des salariés à une participation au conseil de surveillance au niveau du groupe. Les entreprises devraient donc examiner attentivement leurs structures sociétales. Il convient de prendre en compte l’appartenance aux bases légales et le motif de la codécision en entreprise. Le champ d’application et la portée de la loi sur la participation d’un tiers ainsi que la force des prescriptions légales revêtent une grande importance pour la gestion d’entreprise.

Différences entre la loi sur la participation d’un tiers et la loi sur la codécision

La révocation des membres du conseil de surveillance est soumise à un cadre juridique particulier afin de protéger leur statut et leur sécurité dans la relation de travail et d’éviter toute discrimination. Les employeurs doivent prendre en compte les différences entre la loi sur la participation d’un tiers et la loi sur la codécision, car ces deux lois prévoient des exigences et des mécanismes de protection différents pour les salariés et les membres du conseil de surveillance.

MTR Legal Rechtsanwälte conseille de manière exhaustive en droit des sociétés.

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Droit d’auteur pour les vidéos prises au téléphone https://www.mtrlegal.com/fr/droit-dauteur-pour-les-videos-prises-au-telephone/ Wed, 07 Jan 2026 07:00:59 +0000 https://www.mtrlegal.com/?p=246832 Droit d’auteur dans le monde numérique : Protection des vidéos, images et contenus créatifs

Le droit d’auteur constitue la base de la protection de la propriété intellectuelle telle que les films, vidéos de téléphone portable, images, musiques et autres œuvres créatives. Il garantit aux auteurs le droit exclusif de décider de l’utilisation, de l’exploitation et de la publication de leurs œuvres. Particulièrement à l’ère des smartphones et des réseaux sociaux, où les contenus sont rapidement créés, partagés et diffusés, le droit d’auteur revêt une importance centrale. Il protège non seulement les intérêts économiques des titulaires, mais aussi le lien personnel de l’auteur avec son œuvre.

Droits essentiels et mécanismes de protection en droit d’auteur

Parmi les droits les plus importants accordés par le droit d’auteur figurent le droit de reproduction, de distribution et de communication publique des œuvres. En outre, le droit d’auteur régule la cession et l’octroi des droits d’utilisation, permettant aux auteurs de choisir qui peut utiliser leurs vidéos, images ou films – que ce soit à titre privé, éditorial ou commercial. Les droits moraux de l’auteur protègent en outre contre toute déformation ou modification non désirée de l’œuvre et assurent à l’auteur la reconnaissance de sa paternité.

Droit d’auteur en pratique : réseaux sociaux, smartphone et gestion conforme

Au quotidien, et notamment lors de la production de vidéos et films avec un smartphone, il est important de connaître les règles fondamentales du droit d’auteur. Ceux qui créent leurs propres contenus devraient s’informer tôt sur les possibilités d’exploitation et la cession des droits d’utilisation. Il convient également d’éviter les erreurs typiques, comme l’utilisation non autorisée d’œuvres tierces ou la violation des droits moraux. Surtout sur les réseaux sociaux, où vidéos et images sont souvent partagées en quelques clics, le risque d’infractions au droit d’auteur est élevé.

Pour éviter les violations du droit d’auteur, il est recommandé de clairement identifier ses propres œuvres, par exemple avec un avis de copyright, et d’obtenir systématiquement les licences ou autorisations nécessaires pour l’utilisation de contenus tiers. Les liens d’affiliation et autres méthodes peuvent aussi aider à respecter les droits des auteurs et à rendre l’exploitation transparente.

Quiconque est auteur ou exploitant d’œuvres devrait régulièrement se tenir informé des informations, réglementations et conseils actuels en matière de droit d’auteur. Cela permet non seulement d’éviter les pièges juridiques, mais aussi de protéger efficacement ses droits et sa propriété intellectuelle.

Captations protégées par le droit d’auteur – Tribunal régional de Francfort – 2-06 O 299/24

De nombreuses captations vidéo sont réalisées avec le téléphone portable. Le tribunal régional de Francfort a statué par jugement du 16 mai 2025 (réf. 2-06 O 299/24) que les captations vidéo réalisées avec un téléphone portable ou smartphone relèvent également du droit d’auteur et sont donc protégées par ce dernier.

Le droit d’auteur est un domaine classique de la protection industrielle. Selon l’article 2 de la loi sur le droit d’auteur (UrhG), la musique, les films, photographies, œuvres écrites, arts plastiques et d’autres œuvres peuvent être protégés par le droit d’auteur. La protection des captations vidéo réalisées avec un téléphone portable est toutefois moins clairement réglementée. Le tribunal régional de Francfort a maintenant établi que, bien que les captations mobiles ne constituent pas un film, elles relèvent toutefois du droit d’auteur en tant que « séquence d’images en mouvement » (Laufbild) et sont protégées par ce droit. Les droits exclusifs d’utilisation des captations peuvent être cédés, selon le cabinet d’avocats MTR Legal Rechtsanwälte, également spécialisé en droit d’auteur et autres domaines de la protection industrielle.

Particulier filme une crue avec son smartphone

Dans l’affaire traitée devant le tribunal régional de Francfort, un particulier avait filmé une crue dans une commune du Bade-Wurtemberg avec son smartphone. Il avait notamment enregistré l’effondrement d’un mur antibruit sous la pression des eaux. Le jour même de la prise de vue, le créateur de cette vidéo a cédé les droits exclusifs d’utilisation des captations à une agence de presse.

Le lendemain, une autre entreprise médiatique a proposé des images fixes extraites de cette vidéo via une newsletter et son site internet moyennant le paiement d’un droit. L’agence de presse a estimé qu’il s’agissait d’une violation de ses droits d’utilisation et a intenté une action en cessation ainsi qu’en dommages-intérêts.

 

Cession exclusive des droits d’utilisation

La plainte a été acceptée par le tribunal régional de Francfort. Après audition des témoins, le tribunal a conclu que la personne ayant filmé la crue avait cédé de manière exclusive les droits d’utilisation de la vidéo à l’agence de presse. L’agence demanderesse avait donc le droit d’exiger l’arrêt de la diffusion des images fixes extraites de la vidéo ainsi que le paiement de dommages-intérêts.

La vidéo réalisée avec le téléphone portable documentait l’événement en temps réel, sans montage, sans mise en scène ni travail de réalisation. Elle ne répondait donc pas aux exigences d’une œuvre cinématographique classique, faute de créativité suffisante, a expliqué le tribunal. Néanmoins, la vidéo relève en tant que « séquence d’images en mouvement », c’est-à-dire une succession d’images et de sons sans caractère cinématographique, du droit d’auteur. Conformément à l’article 95 du Code du droit d’auteur, ces séquences bénéficient également de la protection liée au droit d’auteur.

 

Les séquences d’images en mouvement bénéficient aussi de la protection du droit d’auteur

Comme pour les œuvres classiques, des droits d’utilisation sur des images animées peuvent être transférés à des tiers. Dans le cas présent, les droits d’utilisation exclusifs ont été transférés à l’agence de presse, qui était donc la seule autorisée à exploiter les enregistrements. Puisque l’entreprise de médias mise en cause a utilisé des images fixes sans le consentement de l’agence, elle a ainsi enfreint leurs droits, selon le Tribunal régional de Francfort.

Le Tribunal régional de Francfort a également souligné qu’une publication antérieure des enregistrements sur les réseaux sociaux n’exclut pas nécessairement un transfert ultérieur valide des droits exclusifs. Même après le partage d’un contenu sur les réseaux sociaux, l’auteur peut encore accorder à un tiers un droit d’utilisation exclusif du contenu, selon le tribunal. Une telle mise à disposition publique ne conduit donc pas automatiquement à la perte des droits exclusifs.

 

Droit d’auteur et droits d’utilisation à clarifier

Le jugement du Tribunal régional de Francfort montre que même les vidéos spontanées prises au téléphone peuvent être protégées par le droit d’auteur. La personne qui enregistre l’événement est généralement l’auteur et peut décider de l’exploitation. Cela lui ouvre notamment des droits de reproduction, de distribution, de mise à disposition du public, etc.

Quiconque souhaite utiliser une telle vidéo, par exemple à des fins éditoriales ou commerciales, doit obtenir l’accord du titulaire des droits ou une licence correspondante. En l’absence d’autorisation, des actions en cessation et en réparation peuvent être engagées. Selon ce jugement, une autorisation est également requise pour l’utilisation d’images fixes extraites.

Particulièrement à l’ère numérique avec les réseaux sociaux et les modes de diffusion rapide, la décision du Tribunal régional de Francfort revêt une grande importance. Le droit d’auteur et les droits d’utilisation doivent être clarifiés lorsque du matériel tel qu’une vidéo prise au téléphone doit être utilisé.

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Réforme du droit européen des dessins (DesignG) https://www.mtrlegal.com/fr/reforme-du-droit-europeen-des-dessins-designg/ Mon, 05 Jan 2026 07:15:59 +0000 https://www.mtrlegal.com/?p=246829 Nouvelles réglementations de la loi sur le design entrées en vigueur le 1er juillet 2025

À compter du 1er juillet 2025, la réforme complète du droit européen du design est entrée en vigueur. Avec le règlement (UE) 2024/2822 et la directive d’accompagnement (UE) 2024/2821, l’Union européenne a profondément modernisé le système antérieur du droit des dessins et modèles communautaires. Cette réforme établit une nouvelle base légale pour la protection juridique des designs.

Le droit du design, ou droit des dessins et modèles, est un domaine classique de la propriété industrielle. Avec la réforme de l’UE, fondée sur la loi relative à la protection juridique des droits de design, le droit du design vieillissant doit être modernisé et adapté aux innovations numériques et techniques, selon le cabinet d’avocats MTR Legal Rechtsanwälte, spécialisé en droit des designs et autres aspects de la propriété industrielle.

La réforme du droit européen du design vise à simplifier les procédures et à renforcer la protection contre les imitations. Les nouveautés concernent à la fois la terminologie, l’étendue matérielle de la protection et les moyens de mise en œuvre. Le changement des dispositions légales par la réforme entraîne pour les designers, entreprises et titulaires de marques des conséquences importantes qui doivent être prises en compte dès le début dans la pratique.

Modifications terminologiques

Tout d’abord, l’appellation « Gemeinschaftsgeschmacksmuster » est remplacée par les nouveaux termes « Unionsgeschmacksmuster » ou « EU-Geschmacksmuster ». Cette uniformisation linguistique s’intègre au concept existant de « marque de l’Union ». Sur le fond, le caractère du droit de protection demeure : ce qui est protégé continue d’être l’apparence d’un produit ou d’une partie de celui-ci, résultant notamment des lignes, contours, couleurs, forme ou structure de surface. Pour l’étendue de la protection, seules les caractéristiques visibles sont déterminantes, car elles sont les seuls à pouvoir établir la nouveauté et le caractère propre du design. Les dessins et modèles communautaires existants conservent leur étendue de protection, aucune nouvelle demande n’est nécessaire.

Le terme « produit » a également été redéfini et inclut désormais expressément des objets non physiques. Ainsi, tout objet industriel ou artisanal, à l’exception des programmes informatiques, peut être un produit. Il importe peu qu’il soit utilisé dans un objet physique ou qu’il prenne une forme non physique, les caractéristiques visibles des éléments constitutifs d’un produit restent déterminantes pour la nouveauté. La nouveauté d’un design est particulièrement définie par les caractéristiques visibles de ses éléments constitutifs.

Extension de l’étendue de la protection en droit du design

L’étendue de la protection est étendue aux formes d’apparence numériques et animées. Dorénavant, non seulement les formes classiques de produit, mais aussi les interfaces graphiques utilisateur, symboles animés, transitions ou objets virtuels dans les environnements de réalité augmentée ou virtuelle peuvent être protégés. Les designs dont les caractéristiques sont exclusivement déterminées par leur fonction technique restent exclus de la protection.

Cette adaptation tient compte du fait que le design moderne ne se limite plus aux objets physiques et intègre l’utilisation prévue des designs numériques. Par exemple, un constructeur automobile peut désormais enregistrer en tant que dessin ou modèle de l’Union non seulement la forme extérieure d’un véhicule, mais aussi la disposition du tableau de bord numérique ou les animations du système d’infodivertissement. Pour les entreprises de logiciels, développeurs d’applications et fabricants d’appareils numériques, une nouvelle dimension de protection s’ouvre, qui était jusqu’à présent insuffisamment couverte.

Impression 3D

Un élément important de la réforme est l’adaptation du droit du design aux nouvelles technologies de fabrication, en particulier à l’impression 3D. Ainsi, la protection des designs s’applique également aux modèles 3D.

La divulgation d’un modèle 3D, c’est-à-dire sa mise à disposition publique, est centrale pour la protection du design. Les designs développés sous confidentialité et non divulgués publiquement peuvent être exclus de la protection.

La création, le téléchargement, la copie, le partage ou la diffusion à des tiers de tout support ou logiciel sur lequel le dessin ou modèle est enregistré constitue une violation des droits. Toutefois, l’impression 3D privée et non commerciale de designs protégés doit rester autorisée. Le législateur souhaite ainsi ne pas freiner le développement technique tout en prévenant la contrefaçon commerciale.

Clause de réparation pour les pièces de rechange en lien avec la réparation

Un autre pilier central de la réforme est l’introduction permanente de la clause dite de réparation (exclusion de la protection pour la réparation). Elle n’était jusqu’alors prévue que comme mesure transitoire dans l’ancien règlement sur les dessins et modèles communautaires. Elle devient désormais permanente et harmonisée à l’échelle de l’Union. Cette règle stipule que la protection du design ne s’applique pas aux pièces d’un produit complexe servant exclusivement à restaurer son apparence d’origine. Cela s’applique uniquement aux fins de réparation, la pièce de rechange devant correspondre à l’apparence de l’original. L’exclusion de la protection concerne notamment les pièces utilisées uniquement pour la réparation afin de garantir que les réparations sur le produit restent possibles.

« D dans un cercle » indique les droits de design existants

Une nouveauté visible est l’introduction d’un nouveau signe distinctif : le soi-disant « D dans un cercle » peut être utilisé pour indiquer l’existence de droits de dessin. L’objectif est de faciliter la commercialisation des dessins enregistrés et d’accroître la visibilité de la protection des dessins. Son utilisation est volontaire, mais elle peut en pratique avoir un effet dissuasif contre les contrefacteurs et servir de preuve de bonne foi du titulaire en cas de litige.

 

Enregistrement et frais

Les enregistrements doivent désormais être effectués directement auprès de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), l’enregistrement via les offices nationaux n’est plus possible. La date de dépôt est décisive pour la création de la protection et la priorité du dessin. De plus, les demandes groupées jusqu’à 50 dessins sont possibles. Les frais d’enregistrement et de publication sont regroupés en un seul droit de dépôt.

  • L’enregistrement est effectué dans le registre officiel, qui permet la consultation des dessins enregistrés.
  • Les États membres de l’UE doivent transposer la nouvelle directive en droit national dans un délai de 36 mois.
  • Il est possible de faire appel des décisions dans la procédure d’enregistrement.

Protection internationale des dessins selon la loi sur le dessin

La loi sur le dessin (DesignG) et les règles du droit européen des dessins ne s’appliquent plus uniquement au niveau national. Dans une économie mondialisée, la protection internationale des dessins est essentielle pour les entreprises et les designers. Ceux qui souhaitent protéger efficacement leurs créations et innovations contre la contrefaçon doivent envisager l’étendue de leurs droits au-delà des frontières nationales.

Dépôt international de dessin selon l’Arrangement de La Haye

Un élément important pour la protection internationale des dessins est l’enregistrement selon l’Arrangement de La Haye. Avec une demande internationale, les dessins peuvent être protégés simultanément dans de nombreux États contractants. Cela simplifie considérablement la procédure et garantit que la protection juridique du dessin ne s’arrête pas aux frontières nationales. Ainsi, les entreprises et les designers bénéficient d’une possibilité efficace et économique de sécuriser leurs droits dans le monde entier.

Protection unifiée des dessins dans l’UE par le règlement sur les dessins communautaires (RDC)

Au sein de l’Union européenne, le règlement sur les dessins communautaires (RDC) assure une protection uniforme des dessins dans tous les États membres. Grâce à l’enregistrement centralisé auprès de l’EUIPO, les détenteurs de dessins obtiennent une protection globale dans toute l’UE avec une seule procédure. Cela renforce la position des titulaires de droits et facilite la défense de leurs revendications en cas de violation.

La coopération internationale dans la lutte contre les violations des droits sur les dessins prend de plus en plus d’importance. En particulier, les autorités douanières jouent un rôle décisif pour empêcher à la frontière les produits contrefaits ou imités. Elles peuvent saisir les marchandises suspectes et soutenir ainsi efficacement la protection du dessin. Il est donc conseillé aux titulaires de droits de déposer également leurs droits auprès des autorités douanières afin de pouvoir réagir rapidement en cas de besoin.

Défis et conseils juridiques en droit international des dessins

L’application de la loi sur le dessin aux situations internationales pose toutefois des défis particuliers aux entreprises et titulaires de droits. Les différentes réglementations nationales, les accords internationaux et la jurisprudence doivent être soigneusement respectés pour ne pas compromettre la protection du dessin. Ceci est particulièrement important dans les litiges transfrontaliers où il est essentiel de connaître précisément les règles et procédures applicables.

Compte tenu de la complexité du droit international des dessins, il est recommandé de recourir tôt à un conseil juridique qualifié. Un avocat expérimenté ou un conseil en brevets peut aider à élaborer la stratégie de protection optimale, coordonner l’enregistrement dans les pays concernés et prendre les mesures adéquates en cas de violation des droits.

Conclusion : la protection mondiale des dessins comme avantage concurrentiel

En résumé, la protection internationale des dessins est un élément essentiel d’une stratégie réussie d’innovation et de commercialisation. En utilisant de manière ciblée les possibilités offertes par la loi sur le dessin, par l’enregistrement international et par la coopération avec les autorités, les titulaires peuvent faire valoir leurs droits dans le monde entier et protéger durablement leurs créations.

 

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Contrat représentant commercial : Caractéristiques d’un contrat de représentant commercial https://www.mtrlegal.com/fr/contrat-representant-commercial-caracteristiques-dun-contrat-de-representant-commercial/ Fri, 02 Jan 2026 07:44:00 +0000 https://www.mtrlegal.com/?p=246826

Jugement de la Cour d’appel de Francfort du 8 juillet 2025 – Réf. 14 U 193/23

Même si la collaboration a été officialisée par la conclusion d’un contrat de coopération, un contrat de représentant commercial peut en réalité exister avec toutes ses conséquences juridiques, comme l’émission d’un extrait de registre et le droit à une commission. Pour la mise en forme et la sécurisation de la collaboration, des contrats écrits sont essentiels car ils régulent clairement les droits et obligations des parties. Cela a été confirmé par la Cour d’appel de Francfort dans son jugement du 8 juillet 2025 – Réf. 14 U 193/23.

Parmi les caractéristiques essentielles de l’activité d’un représentant commercial figure notamment l’intermédiation d’affaires pour une autre entreprise ou la conclusion d’affaires en son nom. La relation contractuelle entre l’entrepreneur et le représentant commercial doit être juridiquement qualifiée et définit les revendications réciproques, notamment lors de la fin de la collaboration. L’activité ne doit pas être occasionnelle. L’activité concrète et les obligations contractuelles déterminent l’existence d’une relation de représentant commercial, et non le titre du contrat, selon le cabinet d’avocats spécialisé MTR Legal, notamment en droit commercial. La durée du contrat joue un rôle important pour la planification et la sécurité juridique de la collaboration. L’accord entre les parties détermine de manière contraignante les droits et obligations respectifs.

La désignation du contrat n’est pas déterminante

Le jugement de la Cour d’appel de Francfort montre également que la qualification d’un représentant commercial dépend de la réalité de l’activité exercée. Il est crucial que le contrat soit explicitement désigné comme un contrat de représentant commercial afin de définir clairement le cadre juridique et de le différencier d’autres types de contrats. La rédaction du contrat a des conséquences juridiques importantes, notamment en ce qui concerne les obligations, les clauses de non-concurrence et les demandes d’indemnisation en cas de cessation. Dans un contrat de représentant commercial, les parties doivent être clairement nommées : d’une part l’entrepreneur en tant que donneur d’ordre, d’autre part le représentant commercial en tant qu’intermédiaire, pour réguler distinctement leurs droits et obligations respectifs. Les faits à l’origine de la procédure étaient les suivants : la demanderesse distribuait des tests rapides COVID pour le compte d’un fabricant. La base de la collaboration était un contrat désigné comme « contrat de coopération ». Après la fin de la relation commerciale, la demanderesse a réclamé au fabricant le paiement de commissions pour les affaires transmises ou conclues ainsi que la délivrance d’un extrait de registre selon l’article 87c du HGB.

L’entreprise défenderesse a rejeté ces prétentions. Elle a soutenu qu’il ne s’agissait pas d’un contrat de représentant commercial, mais d’une coopération informelle. De plus, aucune conclusion génératrice de commission n’aurait eu lieu pour certains contrats, notamment pour un contrat avec un grand groupe. Le tribunal de première instance ayant en grande partie rejeté la demande, la demanderesse a poursuivi sa revendication devant la Cour d’appel de Francfort.

La forme de la collaboration est décisive

La Cour d’appel a d’abord clarifié en appel que la demanderesse doit être considérée comme représentant commercial au sens de l’article 84 du HGB, malgré la dénomination différente du contrat. Ce n’est pas le titre du contrat qui est déterminant, mais la forme concrète de la collaboration. La position juridique de la demanderesse en tant que représentant commercial découle de son activité indépendante ainsi que des droits et obligations qui lui sont attribués contractuellement et légalement. La demanderesse avait régulièrement initié et conclu des affaires au nom et pour le compte du fabricant, effectuant ainsi des activités typiques d’un représentant commercial. Les dispositions contractuelles, notamment concernant l’organisation de la collaboration, les droits et devoirs ainsi que la durée du contrat, et l’intégration économique dans l’organisation de vente du défendeur, confirment ce constat. Dans les contrats de représentant commercial, la réglementation des clauses de résolution des conflits est souvent importante pour régler efficacement les différends par arbitrage ou médiation. Ainsi, la demanderesse pouvait en principe faire valoir des droits issus du droit des représentants commerciaux, notamment le droit à une commission ou à la délivrance d’un extrait de registre.

Droit à la commission pour le représentant commercial selon la Cour d’appel de Francfort 2025

Pour les affaires litigieuses individuelles, le tribunal a examiné si les conditions d’un droit à commission étaient effectivement remplies. Les bases juridiques du droit à commission proviennent principalement des dispositions du Code de commerce allemand (HGB), l’article 87 paragraphes 2 jouant un rôle central. Pour l’affaire avec le groupe, la Cour d’appel a refusé le droit. Elle a motivé sa décision par le fait que le contrat en cause n’avait pas été conclu avec le défendeur, mais avec une autre GmbH. Le lien causal requis entre l’activité de la demanderesse et la conclusion du contrat par l’entreprise représentée faisait défaut. Dans de tels cas, où aucun lien direct n’existe, le droit à la commission disparaît.

Droit à la commission pour les contrats de suivi

L’article 87 paragraphe 2 du HGB prévoit également que le représentant commercial peut avoir un droit à commission pour des affaires de suivi, sauf disposition contraire dans le contrat. En pratique, la formulation précise de la règle de commission revêt donc une grande importance. Il existe des cas particuliers où le paiement de la commission peut poser problème, par exemple en cas de résiliation rétroactive du contrat ou de survenance d’autres risques. Dans ces situations, il convient d’examiner si et dans quelle mesure un droit à commission subsiste.

Il est clair ici que les représentants commerciaux ne peuvent faire valoir leur droit à une commission que s’il existe un lien concret entre leur activité de médiation et la conclusion d’un contrat avec « leur » entreprise.

Délivrance d’un extrait de livre comptable

Le tribunal a accordé une attention particulière à la demande de délivrance d’un extrait de livre comptable selon l’art. 87c, al. 2 HGB. Cette demande a été acceptée en principe par la Cour d’appel de Francfort, mais son champ a été limité. Un extrait de livre comptable doit se limiter aux informations provenant des livres comptables de l’entreprise. Cela inclut notamment les données sur les clients, les contrats conclus, les chiffres d’affaires et les encaissements. Pour une meilleure documentation de la clientèle, une annexe peut être jointe au contrat, servant de base pour le calcul ultérieur du droit à indemnisation. Sont en revanche exclus les données ou documents extérieurs à la comptabilité proprement dite, tels que la correspondance interne, les notes de négociation ou les documents stratégiques confidentiels. Le tribunal a précisé que l’art. 87c HGB doit permettre au représentant commercial d’avoir accès aux faits comptables pertinents, sans pour autant instaurer un droit général d’information sur l’ensemble des processus internes de l’entreprise.

Importance pour le calcul de la commission et la gestion de la clientèle

L’entretien et le développement des relations d’affaires ainsi que le suivi durable des contacts clients sont essentiels pour le calcul des commissions et l’exercice des droits dans le cadre de l’extrait de livre comptable. Le client est au centre des préoccupations, car ses affaires déterminent en grande partie le montant de la commission et la structure de l’extrait de livre.

Protection des intérêts de confidentialité et clarté juridique

Ainsi, la Cour d’appel de Francfort a renforcé d’une part les droits des représentants commerciaux en confirmant le droit à un extrait de livre vérifiable, tout en protégeant simultanément les intérêts légitimes de confidentialité des entreprises. En cas de cessation du contrat, il convient notamment d’assurer la revendication en temps utile du droit à indemnisation afin de préserver les intérêts du représentant commercial.

De plus, le tribunal a souligné que la simple dénomination d’un contrat, par exemple « contrat de coopération », n’a aucune influence sur la qualification juridique. Ce qui compte est uniquement si le cocontractant agit essentiellement de manière indépendante, mais au nom et pour le compte d’une autre entreprise – c’est-à-dire s’il remplit les caractéristiques typiques d’un représentant commercial.

Le jugement montre qu’il doit exister des structures claires dans la distribution afin d’éviter des litiges juridiques.

Obligations de l’entreprise dans le contrat de représentant commercial

Une composante essentielle de tout contrat de représentant commercial est la définition claire des obligations de l’entreprise envers le représentant commercial. Ces obligations ne sont pas seulement régies par le Code de commerce (HGB), mais doivent également être consignées de manière transparente et explicite dans le contrat de représentant commercial afin d’assurer une sécurité juridique pour les deux parties contractantes.

Paiement de la commission

Parmi les obligations les plus importantes de l’entreprise figure le paiement rapide et complet de la commission convenue. La commission constitue la rémunération centrale pour l’activité du représentant commercial et doit être régie en détail dans le contrat – notamment en ce qui concerne le montant, l’échéance et la base de calcul. Des règles imprécises ou lacunaires relatives à la commission conduisent fréquemment à des conflits en pratique, ce qui rend la rédaction précise du contrat particulièrement importante.

Obligations d’information envers le représentant commercial

De plus, l’entreprise est tenue d’informer le représentant commercial de toutes les modifications essentielles affectant la distribution des produits ou services. Cela inclut notamment les ajustements de la gamme de produits, les modifications de prix, les nouvelles conditions de livraison ou les mesures marketing. Ce n’est que si le représentant commercial est informé des évolutions actuelles dans l’entreprise qu’il peut exercer ses tâches en matière de distribution de façon efficace et dans l’intérêt de l’entreprise.

Fourniture de documents et de matériel

Un autre aspect central est la fourniture des documents et matériels nécessaires. L’entreprise doit mettre à la disposition du représentant commercial toutes les informations, données produits, listes de prix et supports publicitaires indispensables à une activité commerciale réussie. Cela garantit non seulement un déroulement fluide dans la distribution, mais renforce également la position du représentant commercial sur le marché.

Obligations lors de la fin du contrat et droit à indemnisation

En ce qui concerne la fin du contrat, l’entreprise est tenue d’informer le représentant commercial en temps utile des modalités de résiliation. Cela inclut notamment le respect des délais de préavis légaux ou contractuels ainsi que les règles relatives au droit à indemnisation conformément à l’art. 89b HGB. Ce droit protège le représentant commercial dans le cas où il a établi pendant la durée du contrat un portefeuille clients durable qui continue à générer des ventes pour l’entreprise après la fin du contrat.

Rédaction minutieuse du contrat et conformité juridique

Une rédaction minutieuse du contrat est indispensable pour l’entrepreneur afin d’éviter d’éventuels litiges juridiques ultérieurs. Cela inclut également que tous les droits et obligations des deux parties – tant de l’entrepreneur que du représentant commercial – soient clairement et explicitement stipulés dans le contrat. Une liste de contrôle pour le contrat de représentant commercial peut aider à inclure tous les éléments contractuels pertinents tels que le titre, la désignation précise des parties contractantes, la description des produits à distribuer, l’attribution des zones géographiques ou des segments de clientèle ainsi que les modalités de commission.

Adaptation continue à la jurisprudence et au Code de commerce (HGB)

Enfin, l’entrepreneur doit toujours suivre les évolutions actuelles de la jurisprudence ainsi que les exigences du Code de commerce. Ce n’est que de cette manière qu’il pourra s’assurer que le contrat de représentant commercial est conforme aux exigences légales et que la collaboration avec le représentant commercial repose sur une base solide et juridiquement sûre.

Avantages d’une collaboration transparente

En respectant ces obligations et en établissant une coopération ouverte et partenariale, l’entrepreneur peut non seulement favoriser la motivation et l’engagement du représentant commercial, mais aussi poser les bases d’une relation d’affaires durablement fructueuse. Une rédaction contractuelle transparente et équitable minimise en outre les risques et assure une clarté dans l’activité commerciale quotidienne.

MTR Legal Rechtsanwälte conseille de manière complète en droit des représentants commerciaux ainsi que sur d’autres sujets du droit commercial.

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La CJUE renforce les règles relatives à la distribution exclusive https://www.mtrlegal.com/fr/la-cjue-renforce-les-regles-relatives-a-la-distribution-exclusive/ Wed, 31 Dec 2025 07:27:13 +0000 https://www.mtrlegal.com/?p=246824

Arrêt de la CJUE du 8 mai 2025 – Réf. C-581/23

L’attribution exclusive d’un territoire de distribution ne signifie pas automatiquement une interdiction de vente pour d’autres revendeurs. Il faut en revanche qu’il soit prouvé qu’il a été convenu que d’autres revendeurs renoncent aux ventes actives dans une zone exclusive. C’est ce que la CJUE a clairement établi dans son arrêt du 8 mai 2025 (Réf. C-581/23). Le terme de distribution exclusive est souvent utilisé comme synonyme de distribution exclusive unique et désigne une forme particulière de distribution où un fournisseur accorde à un partenaire commercial des droits exclusifs pour une région ou un produit spécifiques.

Il est courant qu’un fabricant attribue des territoires de distribution exclusifs à des revendeurs. Dans un contrat de distribution exclusive ou contrat de distribution exclusive unique (également appelé contrat d’exclusivité), le fabricant s’engage à commercialiser ses produits dans une zone déterminée uniquement par l’intermédiaire d’un revendeur. Le canal de distribution joue un rôle central, car il définit la voie exclusive pour la vente des produits et le contrôle de l’image de marque. Le choix du produit et de la gamme complète est décisif dans la distribution exclusive, car les produits de haute qualité et certaines lignes spécifiques sont souvent proposés en exclusivité.

Avantages pour les fabricants et les revendeurs

Les fournisseurs et les distributeurs bénéficient de l’exclusivité en obtenant des avantages concurrentiels et en renforçant leur position sur le marché. Les droits et les accords dans la distribution exclusive définissent quelles parties disposent de quelles prérogatives et obligations, notamment en ce qui concerne la protection de la marque et le respect des interdictions de concurrence. Dans le cadre des accords de distribution exclusive, tous les aspects pertinents tels que les droits territoriaux, le nombre de revendeurs et la sélection des produits sont fixés. Le partenariat de distribution entre le fabricant et le commerçant est d’une importance capitale, fondé sur la confiance mutuelle et des accords clairs. L’exclusivité offre à la fois au fabricant et au revendeur l’avantage de protéger la marque, d’assurer la qualité et de se différencier des concurrents. Les marques et leur notoriété bénéficient d’une présentation et d’un positionnement maîtrisés sur le marché. La distribution exclusive a un impact direct sur les ventes et l’ouverture de nouvelles régions, car la couverture du marché est contrôlée de manière ciblée. Les effets et le cadre juridique de la distribution exclusive doivent être examinés notamment sous l’angle du droit de la concurrence et de la structure du marché. Des mécanismes de protection et le respect des règles sont nécessaires pour garantir l’exclusivité et les droits des parties contractantes. La compétence des parties impliquées est un facteur décisif pour le succès de la distribution exclusive.

Définition de la distribution exclusive

Le terme de distribution exclusive désigne une forme de distribution dans laquelle un fournisseur accorde à un revendeur des droits exclusifs pour une région spécifique ou une ligne de produits. Un exemple de l’application de la distribution exclusive se trouve dans le secteur du luxe, par exemple pour des marques de montres haut de gamme. Dans la distribution exclusive, certaines lignes ou une partie de la gamme de produits sont souvent proposées exclusivement, l’offre étant limitée à un nombre restreint d’acheteurs et de produits. Dans de nombreux secteurs, notamment dans le segment premium, la distribution exclusive est un modèle éprouvé, dans lequel chaque partie – fabricant et distributeur – repose sur des décisions avisées et des accords clairs. L’interdiction de concurrence et le droit de distribution exclusive sont des instruments juridiques importants pour garantir l’exclusivité. La recherche de partenaires de distribution appropriés est un facteur clé de succès dans la distribution exclusive, car seuls des partenaires compétents et fiables peuvent garantir les avantages escomptés et la position souhaitée sur le marché.

Arrêt de la CJUE : les revendeurs doivent être informés du territoire exclusif

La CJUE a clairement indiqué dans son arrêt qu’un accord sur un système de distribution exclusive entre un revendeur et un fabricant ne suffit pas en soi. Dans le cadre d’une distribution exclusive, il est important de définir clairement la position respective des parties contractantes – c’est-à-dire celle du fabricant et du revendeur – car chacun dispose de droits et obligations différents dans le contrat de distribution. En outre, les autres revendeurs doivent être informés du territoire exclusif et y avoir donné leur accord au moins tacitement, selon le cabinet d’avocats MTR Legal Rechtsanwälte, spécialisé notamment en droit commercial et en droit de la distribution.

Dans l’affaire à l’origine de l’intervention de la CJUE, un producteur néerlandais de fromage avait accordé à un revendeur le droit exclusif de distribution d’un certain fromage en Belgique voisine. Des accords clairs sur les droits respectifs des deux parties sont essentiels pour éviter malentendus et conflits. Le choix d’un territoire exclusif peut avoir d’importantes répercussions sur la concurrence, puisqu’il procure des avantages aux parties contractantes tout en pouvant entraîner des restrictions potentielles de la concurrence. De tels accords créent un cadre juridique et offrent une protection au revendeur en lui garantissant des droits exclusifs de distribution dans une région définie. En règle générale, la rédaction des contrats de distribution exclusive exige une grande expertise en droit de la distribution pour préserver les intérêts des deux parties et minimiser les risques juridiques. Ce revendeur accusait une chaîne de supermarchés de vendre également ce fromage en Belgique, ce qui constituait selon lui une violation du droit exclusif de distribution. La chaîne de supermarchés répondait que l’interdiction de vente violerait le droit de la concurrence.

Le tribunal néerlandais compétent a saisi la Cour de justice de l’Union européenne et lui a soumis la question des conditions dans lesquelles une interdiction active de vente dans un contrat de distribution exclusive est permise au regard du droit de la concurrence. Il s’agissait concrètement de savoir si une zone d’exclusivité tacitement accordée suffit ou s’il faut une convention explicite clairement documentée.

Convention démontrable requise avec les distributeurs

La CJUE a précisé qu’une interdiction active de vente en faveur d’une zone de distribution exclusive n’est efficace que si elle repose sur une convention explicite ou au moins clairement démontrable entre les parties. Cela signifie : un fabricant ne peut pas se prévaloir uniquement du fait qu’il a « de facto » attribué des territoires ou que les distributeurs desservent « habituellement » certains marchés. Il ne suffit pas non plus que le fabricant suppose que les distributeurs respecteraient cette répartition territoriale. Il doit être démontré qu’il a été convenu que d’autres distributeurs renoncent aux ventes actives dans la zone exclusive. Dans le cadre de tels contrats d’exclusivité, l’interdiction de concurrence joue un rôle central, car elle interdit aux distributeurs d’agir activement dans certaines zones ou auprès de certains clients. Le droit de distribution exclusive sert à garantir juridiquement la distribution exclusive et définit les conditions selon lesquelles un fournisseur accorde à un distributeur la distribution exclusive dans une région ou pour certains produits.

Une telle convention existe lorsque, dans les contrats de distribution avec les autres distributeurs, la vente active dans la zone exclusive est expressément interdite ou lorsque les distributeurs ont expressément ou tacitement accepté de respecter cette interdiction.

Prononcer une interdiction explicite

Dans le cas d’espèce, cela signifie que le fabricant de fromage aurait dû interdire aux autres distributeurs la vente dans la zone exclusive. Selon la CJUE, il ne suffit pas pour une attribution effective d’une zone exclusive que d’autres distributeurs soient de facto absents de cette zone.

La Cour fonde sa décision sur la systématique du règlement d’exemption par catégorie verticales (RGCE 2022/720) et sur les principes généraux du droit de la concurrence de l’UE (article 101 TFUE). Dans ce cadre juridique, les conditions des contrats d’exclusivité et leur mise en œuvre sont définies. Les effets des accords de distribution exclusive sur la concurrence doivent être particulièrement pris en compte, car ils peuvent à la fois générer des gains d’efficacité positifs et des restrictions potentielles de la concurrence. Un aspect essentiel est également la protection de la zone de distribution exclusive, qui assure au distributeur une position de marché assurée dans la zone attribuée. Les restrictions de concurrence ne sont exemptées que si elles servent effectivement à créer des gains d’efficacité et ne suppriment pas la concurrence dans son ensemble.

Il est nécessaire que les systèmes de distribution exclusifs soient transparents et vérifiables, a poursuivi la CJUE. Une simple répartition de territoire de fait ou un accord « implicite » ne suffisent pas. Cela conduit à des fermetures informelles de marché que l’article 101 TFUE vise précisément à empêcher.

Contrôle des accords de distribution exclusive

L’arrêt souligne que les zones de distribution exclusive doivent être régies explicitement par contrat et qu’il ne suffit pas que les limites territoriales soient connues en interne. Il doit être clairement documenté quel distributeur est responsable de quelle zone et les interdictions doivent être clairement définies. Des accords clairs apportent une sécurité juridique en définissant les rôles, responsabilités et indicateurs de performance dans le cadre du partenariat de distribution, réduisant ainsi les conflits.

Pour les accords de distribution exclusive existants, distributeurs et fabricants doivent vérifier leur solidité juridique et leur conformité à la jurisprudence de la CJUE. Il faut noter qu’à défaut existe un risque en droit de la concurrence et que l’exemption de catégorie peut être perdue. Celui qui se repose uniquement sur des répartitions territoriales tacites s’expose à des sanctions lourdes.

Salaire minimum et conditions de travail dans la distribution exclusive

Les questions du salaire minimum et des conditions de travail prennent une importance croissante dans la distribution exclusive et constituent un aspect central d’une stratégie de distribution durable pour fabricants et partenaires commerciaux. Avec l’introduction de la directive européenne sur le salaire minimum, l’Union européenne a établi des normes claires pour garantir des salaires équitables et des conditions de travail améliorées pour les travailleurs dans tous les États membres. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a souligné dans sa récente décision l’importance de ces normes pour la compétitivité et l’intégrité du marché européen.

Mise en œuvre de la directive européenne sur le salaire minimum

Les salaires minimums varient au sein de l’UE, les États membres appliquant leurs propres critères pour fixer les niveaux salariaux. En Allemagne, par exemple, le salaire minimum est basé sur 60 % du salaire horaire médian des employés à temps plein. Le gouvernement fédéral est tenu de mettre en œuvre les dispositions de la directive et de s’assurer que les salaires minimums sont appropriés et que les travailleurs bénéficient de conditions de travail équitables.

Importance pour les fabricants et partenaires de distribution

Pour les fabricants et partenaires dans la distribution exclusive, cela signifie qu’ils doivent non seulement veiller à la qualité de leurs produits, mais aussi au respect des normes du droit du travail. La mise en œuvre de la directive sur le salaire minimum et le contrôle régulier des conditions de travail – notamment par des audits ou des contrôles – sont essentiels pour garantir le respect des obligations légales et renforcer la confiance des clients.

Une collaboration étroite entre les fabricants et les partenaires commerciaux est indispensable. Ce n’est que si les partenaires commerciaux disposent des compétences et des ressources nécessaires et que les conditions de travail sont adéquates que les produits peuvent être placés avec succès et durablement sur le marché. Les fabricants doivent donc s’assurer que leurs partenaires commerciaux sont suffisamment formés et respectent les exigences de la directive européenne sur le salaire minimum.

Dans l’ensemble, il apparaît que le respect du salaire minimum et des conditions de travail équitables n’est pas seulement une obligation légale, mais aussi un facteur clé de succès dans la distribution exclusive. Il renforce la position des entreprises dans la concurrence européenne et contribue à offrir à long terme des produits et services de haute qualité.

MTR Legal Rechtsanwälte conseille en droit de la distribution et dans d’autres domaines du droit commercial.

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Annonces d’emploi gratuites sur le portail de l’arrondissement et principe d’indépendance face à l’État https://www.mtrlegal.com/fr/annonces-demploi-gratuites-sur-le-portail-de-larrondissement-et-principe-dindependance-face-a-letat/ https://www.mtrlegal.com/fr/annonces-demploi-gratuites-sur-le-portail-de-larrondissement-et-principe-dindependance-face-a-letat/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:39:52 +0000 https://www.mtrlegal.com/kostenlose-stellenanzeigen-im-kreisportal-und-das-staatsferne-gebot/ Contexte de la procédure

Au cœur de la procédure devant la Cour fédérale de justice se trouvait la question de savoir si un arrondissement est autorisé à publier sur son portail Internet des offres d’emploi d’entreprises privées sans percevoir de rémunération. Le point de départ était la plainte d’un éditeur de presse affirmant que cette offre portait atteinte à sa liberté d’activité économique. La maison d’édition soutenait que la mise à disposition numérique gratuite de ces annonces par l’arrondissement mettait en danger le fonctionnement de la presse libre et constituait une intervention déloyale sur le marché.

Évaluation de la licéité des offres d’information communales

Indépendance de l’État et mission de la presse

La Cour fédérale de justice a précisé que les acteurs publics, qu’ils soient étatiques ou communaux, sont en principe tenus de faire preuve de retenue dans la diffusion d’informations dès lors qu’existe un marché privé de la presse suffisamment opérationnel. Cette exigence d’indépendance vis-à-vis de l’État découlant du droit constitutionnel vise à permettre à la presse d’assurer son rôle de contrôle indépendant. La juridiction a souligné qu’il n’appartient pas à une commune de fournir des informations générales de nature commerciale ou entrepreneuriale lorsque cette fonction est déjà remplie, par exemple, par les quotidiens.

Publication d’offres d’emploi d’entreprises

La mise à disposition gratuite par l’arrondissement d’une bourse d’emploi numérique sur son site internet a, selon le tribunal, dépassé le cadre autorisé de l’activité d’information publique. D’après la décision, la publication d’annonces d’emploi d’entreprises privées ne fait pas partie des obligations d’information relevant du service public assurées par la collectivité, mais porte principalement sur des intérêts économiques relevant généralement du secteur de la presse. La publication gratuite de telles annonces a donc été considérée comme une atteinte inadmissible à la concurrence au sens du droit de la concurrence.

Conséquences pour le marché de la presse et le droit de la concurrence

La décision de la Cour fédérale de justice revêt une importance majeure pour la délimitation des offres d’information publiques et privées. Il est confirmé que les établissements publics ne peuvent pas entrer directement en concurrence avec les acteurs privés du secteur des médias lorsque cela perturberait l’équilibre du monde de la presse. Un espace juridique de protection demeure ainsi réservé aux entreprises médiatiques privées, destiné à garantir la concurrence et l’indépendance de l’activité journalistique.

Recommandations complémentaires

L’arrêt de la Cour fédérale de justice (réf. I ZR 142/23, publié le 25 octobre 2024) illustre les exigences en matière de séparation des intérêts d’information publics et privés et offre une orientation dans la zone de tension entre la communication publique communale et la presse libre. À l’avenir, les éditeurs et responsables de plateformes d’information communales devront respecter soigneusement les limites de leur champ d’action admissible, en particulier en ce qui concerne les activités économiques telles que la publication d’annonces d’emploi. En outre, l’évolution de la jurisprudence en présence de circonstances comparables reste à suivre.

MTR Legal Rechtsanwälte dispose d’une vaste expérience dans l’évaluation juridique du comportement de marché des organismes publics et des entreprises médiatiques privées. Pour toute question approfondie relative à la distinction entre communication publique et privée ainsi qu’au respect de la réglementation en matière de concurrence, nous restons à votre disposition dans le domaine de conseil juridique en droit de la concurrence.

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Fête du Nouvel An au Kurhaus de Wiesbaden désormais possible avec restauration externe https://www.mtrlegal.com/fr/fete-du-nouvel-an-au-kurhaus-de-wiesbaden-desormais-possible-avec-restauration-externe/ https://www.mtrlegal.com/fr/fete-du-nouvel-an-au-kurhaus-de-wiesbaden-desormais-possible-avec-restauration-externe/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:39:24 +0000 https://www.mtrlegal.com/silvesterfeier-im-wiesbadener-kurhaus-jetzt-mit-externer-gastronomie-moeglich/ Événement du Nouvel An au Kurhaus de Wiesbaden : la ville peut confier la réalisation à un tiers

Par décision du 22 décembre 2023 (réf. : 2 W 56/23), la Cour d’appel de Francfort-sur-le-Main a précisé que la ville de Wiesbaden est autorisée à organiser une fête du Nouvel An au Kurhaus, incluant des services de restauration, en passant par un organisateur externe. Le point central du litige était de savoir si la délégation de la réalisation à une société externe était compatible avec les obligations contractuelles de l’actuel contrat de location-exploitation.

Contexte de la situation

La Kurhaus Wiesbaden GmbH, locataire, est responsable de l’exploitation du Kurhaus. Une société privée, titulaire d’un contrat de location souscrit avec la ville, a contesté le projet de fête du Nouvel An dans le Kurhaus. Les critiques portaient surtout sur le fait que les services de restauration ne seraient pas assurés par la locataire elle-même, mais par un tiers indépendant assumant la responsabilité organisationnelle. La locataire considérait cela comme une violation de son droit contractuel d’exclusivité pour les prestations gastronomiques au Kurhaus.

Procédure judiciaire et décisions des juridictions

Demande de la partie requérante

Le contrat de location prévoit en principe que la locataire dispose du droit exclusif de fournir des services de restauration dans le Kurhaus. L’entreprise privée souhaitait faire valoir cette disposition par la voie d’une procédure d’urgence et empêcher que la fête du Nouvel An soit organisée par un tiers.

Motivation de la décision de la Cour d’appel

La Cour d’appel de Francfort a repris l’argumentation de la ville et a rejeté la demande. Selon la Cour, la protection contractuelle de la locataire ne couvre pas toute activité gastronomique exercée par des tiers. S’agissant notamment d’événements indépendants, dont l’accent n’est pas seulement la restauration mais une organisation évènementielle complète incluant des aspects culturels et sociaux, la ville de Wiesbaden conserve une marge de manœuvre.

Le tribunal a estimé que la fête du Nouvel An, telle qu’elle était prévue, constitue un événement autonome qui peut être mis en œuvre par un organisateur externe. Le simple fait que des prestations gastronomiques soient aussi proposées lors d’une telle fête ne constitue pas nécessairement une violation des droits d’exclusivité issus du contrat de location.

Conséquences et évolutions futures

La Cour d’appel a confirmé que, à l’avenir également, la ville de Wiesbaden pourra confier à un tiers la réalisation d’événements dont la nature dépasse la simple prestation gastronomique. Cette décision contribue à clarifier la distinction entre les contrats de location classiques relatifs à des services de restauration et la gestion d’événements indépendants.

Les décisions rendues dans le cadre d’une procédure provisoire restent soumises à une clarification définitive lors de la procédure principale. L’affaire n’est donc pas encore définitivement tranchée (source : Cour d’appel de Francfort, décision du 22.12.2023, réf. : 2 W 56/23).

Questions complémentaires concernant la réalisation d’événements externes dans le cadre de contrats de location

L’analyse nuancée opérée par la Cour d’appel de Francfort illustre la complexité de la qualification juridique des services événementiels et de restauration dans le cadre de contrats de location existants. Les entreprises et organisateurs ont, au vu de telles décisions, tout intérêt à examiner précisément droits et obligations en présence de situations contractuelles complexes. En cas de questions complémentaires quant à la rédaction contractuelle ou à la défense des droits, il est recommandé de s’adresser à un cabinet spécialisé tel que MTR Legal pour un conseil juridique approfondi en droit des contrats. Plus d’informations : Conseil juridique en droit des contrats.

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La BGH demande à la CJUE de clarifier le droit d’auteur concernant le sampling et le pastiche https://www.mtrlegal.com/fr/la-bgh-demande-a-la-cjue-de-clarifier-le-droit-dauteur-concernant-le-sampling-et-le-pastiche/ https://www.mtrlegal.com/fr/la-bgh-demande-a-la-cjue-de-clarifier-le-droit-dauteur-concernant-le-sampling-et-le-pastiche/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:38:59 +0000 https://www.mtrlegal.com/bgh-bittet-eugh-um-klaerung-zum-urheberrecht-bei-sampling-und-pastiche/ Contexte du litige relatif au sampling musical

La Cour fédérale de justice allemande (BGH) s’est récemment penchée une nouvelle fois sur la question de la protection des séquences musicales par le droit d’auteur. Au centre des débats se trouve la reprise d’une séquence sonore provenant d’une composition du célèbre groupe Kraftwerk, laquelle a fait l’objet d’une réutilisation artistique (« sampling ») par un tiers. Ce contexte conduit à une analyse fondamentale des conditions et limites dans lesquelles l’utilisation d’éléments provenant d’œuvres d’autrui est admissible.

Appréciation juridique de la reprise de séquences sonores étrangères

Problématique centrale de l’utilisation libre de droits

La procédure met en lumière le conflit entre la protection de la propriété intellectuelle et la liberté artistique. Il s’agit en particulier de déterminer si une courte séquence sonore – comme dans le cas présent – demeure protégée par les droits exclusifs de l’auteur ou si sa reprise, dans le cadre d’une activité créative propre, peut être autorisée sans consentement exprès.

Notion de « pastiche » en droit de l’Union européenne

L’interprétation du terme « pastiche » au sens de l’art. 5 al. 3 lit. k) de la directive sur le droit d’auteur (2001/29/CE) revêt une importance majeure. Jusqu’à présent, le concept n’est pas défini de manière uniforme au niveau européen et suscite de nombreuses questions d’interprétation ayant des répercussions considérables dans la pratique. Dans ce contexte, la BGH a suspendu la procédure et a soumis plusieurs questions préjudicielles à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) concernant la portée matérielle du pastiche.

Questions préjudicielles soumises à la Cour de justice de l’Union européenne

La BGH demande notamment comment la notion de « pastiche » doit être interprétée dans le cadre des limitations du droit d’auteur au niveau européen et quels critères s’appliquent à la reprise autorisée d’extraits d’œuvres d’autrui. Une clarification est jugée nécessaire, car l’interprétation du terme varie selon les États membres et la distinction avec d’autres exceptions au droit d’auteur – telles que la citation ou la parodie – n’est pas toujours claire.

Dans le contexte du litige concernant la reprise de séquences sonores, il sera déterminant, tant pour les parties que pour les décisions ultérieures, de savoir quels critères la CJUE établira pour différencier le pastiche des autres exceptions au droit d’auteur, et si des conditions spécifiques seront formulées pour l’imitation artistique et l’utilisation d’œuvres préexistantes.

Conséquences pour la pratique et poursuite de la procédure

Jusqu’à la décision de la CJUE, il demeure incertain si, et dans quelle mesure, l’utilisation de passages musicaux provenant d’autrui sans autorisation est légalement admissible. L’issue de la procédure fournira également des points de repère essentiels pour les futures créations et modes d’utilisation dans le domaine musical. La présomption d’innocence et la procédure en cours doivent être prises en considération, toute évaluation définitive de la situation juridique restant suspendue jusqu’à la décision (Source : urteile.news).

Pour les entreprises, investisseurs et détenteurs de patrimoine confrontés à des questions de droit d’auteur, il est recommandé, au vu de l’évolution complexe du droit d’auteur européen, de procéder régulièrement à un examen approfondi de la situation de fait et de droit. MTR Legal Rechtsanwälte dispose d’une vaste expérience pratique pour vous accompagner dans tous les domaines de la propriété industrielle et se tient à votre disposition pour un accompagnement qualifié. Pour davantage d’informations, consultez notre page dédiée à la conseil juridique en droit d’auteur.

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Responsabilité du titulaire de la connexion en cas de violation des droits d’auteur même en l’absence d’informations https://www.mtrlegal.com/fr/responsabilite-du-titulaire-de-la-connexion-en-cas-de-violation-des-droits-dauteur-meme-en-labsence-dinformations/ https://www.mtrlegal.com/fr/responsabilite-du-titulaire-de-la-connexion-en-cas-de-violation-des-droits-dauteur-meme-en-labsence-dinformations/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:38:36 +0000 https://www.mtrlegal.com/anschlussinhaber-haftet-bei-urheberrechtsverstoss-trotz-fehlender-infos/ Responsabilité du titulaire de la connexion en cas de violation des droits d’auteur par des tiers

L’attribution d’infractions au droit d’auteur via une connexion Internet est fréquemment objet de litiges judiciaires. Une affaire notable devant le tribunal d’instance de Stuttgart (réf. 3 C 2844/20) éclaire les limites de l’obligation subsidiaire de présentation pour le titulaire de la connexion visé pour une supposée violation du droit d’auteur. La décision de justice a été publiée le 6 janvier 2021 (Source : urteile.news).

Exigences liées à la présentation du titulaire de la connexion

Étendue de l’obligation subsidiaire de présentation

Si le titulaire d’une connexion Internet est poursuivi comme auteur pour injonction et/ou dommages-intérêts en raison d’une présumée atteinte au droit d’auteur, il supporte ce que l’on appelle une obligation subsidiaire de présentation et de preuve. Cette obligation impose d’indiquer de façon vérifiable si et quelles autres personnes peuvent être considérées comme auteurs de la violation. Le tribunal a précisé que cette obligation trouve sa limite lorsque le titulaire de la connexion ne dispose d’aucune information complémentaire, qu’il pourrait raisonnablement obtenir, sur l’auteur réel de la violation.

Absence d’obligation de recherche d’une adresse assignable

Le tribunal d’instance souligne que le titulaire de la connexion n’est ni légalement ni factuellement tenu d’enquêter sur l’adresse assignable d’un auteur alternatif potentiel, s’il n’en avait pas connaissance. L’appréciation judiciaire s’appuie sur le principe que l’obligation subsidiaire de présentation ne constitue pas une obligation d’enquête, mais uniquement une exigence de communiquer ses propres connaissances éventuelles.

Répartition de la charge de la preuve en matière de droits d’auteur

Inadmissibilité d’une obligation de collaboration accrue

La décision souligne qu’en principe, il n’appartient pas au titulaire de la connexion poursuivi d’effectuer des recherches au-delà de la seule désignation de tierces personnes, pour, par exemple, fournir des renseignements sur l’adresse actuelle de tiers éventuellement responsables. Une telle obligation d’enquête n’a aucun fondement légal et minerait de façon inacceptable le principe de la présomption d’innocence.

Portée pour la défense juridique

L’état actuel du droit prévoit que le demandeur – par exemple le titulaire des droits – doit toujours démontrer que le titulaire de la connexion peut être considéré comme l’auteur ou apporter la preuve plausible que l’acte de violation invoqué lui est imputable. Le seul défaut de présentation d’une adresse assignable de personnes tierces impliquées ne saurait entraîner une responsabilité élargie du titulaire de la connexion.

Importance pour les procédures impliquant plusieurs auteurs potentiels

Si, outre le titulaire de la connexion, d’autres personnes ont pu avoir accès à la connexion Internet – par exemple des membres de la famille ou colocataires – l’obligation subsidiaire de présentation du titulaire se limite à la communication des faits qu’il connaît ou qu’on peut raisonnablement attendre de lui. Les adresses inconnues ne doivent ni être recherchées ni révélées, dès lors qu’elles ne sont pas connues du titulaire de la connexion.

Conclusion

La clarification judiciaire évite une charge excessive pour le titulaire de la connexion dans le cadre des litiges civils relatifs au droit d’auteur et garantit le juste équilibre entre les intérêts des titulaires de droits et ceux des utilisateurs privés ou professionnels de la connexion. Dans des procédures impliquant plusieurs auteurs potentiels, il est cependant recommandé de présenter de manière précise et adaptée aux circonstances pertinentes pour limiter les risques.

Pour toute question relative à la responsabilité découlant de l’utilisation de connexions Internet ou en cas d’incertitude concernant l’obligation subsidiaire de présentation en procédure civile, il est conseillé d’envisager une consultation juridique approfondie. MTR Legal Rechtsanwälte propose un accompagnement détaillé pour tous les aspects du contentieux. Vous trouverez plus d’informations sur Contentieux.

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Résiliation chez Sky Deutschland : la conception du bouton est illégale https://www.mtrlegal.com/fr/resiliation-chez-sky-deutschland-la-conception-du-bouton-est-illegale/ https://www.mtrlegal.com/fr/resiliation-chez-sky-deutschland-la-conception-du-bouton-est-illegale/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:37:57 +0000 https://www.mtrlegal.com/kuendigung-bei-sky-deutschland-gestaltung-des-buttons-ist-rechtswidrig/ Décision du tribunal régional de Munich I concernant la conception des boutons de résiliation

Par jugement du 09.11.2023 (réf. 12 O 4127/23), le tribunal régional de Munich I a décidé que Sky Deutschland n’a pas mis en œuvre de manière suffisante les exigences légales pour garantir une procédure de résiliation simple et transparente. La conception du bouton de résiliation sur la plateforme en ligne de Sky a été jugée non conforme aux exigences du Code civil allemand.

Contexte de la réglementation légale

Afin de protéger les intérêts des consommateurs, l’article 312k du BGB prévoit que les fournisseurs offrant la possibilité de conclure des contrats à durée continue par le biais de processus commerciaux électroniques doivent mettre à disposition un mécanisme de résiliation clairement identifié sous forme de bouton de résiliation. L’objectif de cette disposition est de permettre aux abonnés ou utilisateurs de mettre fin facilement et immédiatement à leurs contrats.

Conception du processus de résiliation chez Sky

Présentation et déroulement sur la plateforme

Au centre du litige se trouvait la conception concrète du site web de Sky. Malgré la présence d’un bouton de résiliation en ligne, celui-ci ne menait pas les utilisateurs directement à une procédure de résiliation clairement compréhensible, mais les redirigeait d’abord vers un formulaire de connexion préalable. Ce n’est qu’après avoir saisi leurs données personnelles et effectué d’autres étapes de navigation que la résiliation pouvait être définitivement déclarée.

Appréciation par le tribunal

Le tribunal régional de Munich I a jugé que ces obstacles techniques et organisationnels compliquaient de manière déraisonnable l’accès à la résiliation du contrat. En particulier, l’obligation de remplir un formulaire séparé a, selon le tribunal, contourné l’objectif de protection de l’article 312k BGB. Les consommateurs se trouvent, de fait, entravés dans leur possibilité de mettre un terme aisément à leurs contrats.

Implications juridiques de la décision

Importance pour les fournisseurs de services en ligne

Les exigences obligatoires concernant un bouton de résiliation ont été réaffirmées avec insistance par la chambre. Selon le tribunal, il est impératif de garantir que la résiliation du contrat soit possible par voie numérique sans étapes intermédiaires inutiles ni obligations supplémentaires d’informations. Tout manquement à ces prescriptions peut être qualifié de désavantage indu pour les utilisateurs et donc d’acte anticoncurrentiel.

Position de Sky Deutschland dans la procédure

Il est signalé que des recours juridiques contre la décision sont possibles et que la procédure ne doit pas être considérée comme définitive au moment de la publication. Les informations relatives aux faits et à la situation juridique sont donc fournies sous réserve de décisions judiciaires définitives. Source : Tribunal régional de Munich I, jugement du 09.11.2023, réf. 12 O 4127/23, urteile.news.

Conclusion et conseil

La décision met en évidence l’importance de la transparence des procédures numériques de résiliation et souligne que les entreprises doivent respecter pleinement les exigences légales applicables en la matière. Des obligations essentielles en matière de conduite des utilisateurs et de possibilité de résiliation des contrats en découlent pour les entreprises et exploitants de plateformes.

Pour les entreprises ou responsables ayant des besoins d’action ou des questions sur la conception des mécanismes de résiliation numérique de contrat, il est conseillé de recourir à un accompagnement professionnel en droit de l’informatique. Des informations complémentaires et une assistance personnalisée sont proposées par MTR Legal dans la section Conseil juridique en droit informatique.

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Comprendre les risques d’avertissement liés aux bandes-son Instagram pour les entreprises https://www.mtrlegal.com/fr/comprendre-les-risques-davertissement-lies-aux-bandes-son-instagram-pour-les-entreprises/ https://www.mtrlegal.com/fr/comprendre-les-risques-davertissement-lies-aux-bandes-son-instagram-pour-les-entreprises/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:37:30 +0000 https://www.mtrlegal.com/abmahnrisiken-bei-instagram-tonspuren-fuer-unternehmen-verstehen/ Augmentation des avertissements concernant les bandes-son sur Instagram

Utiliser des morceaux de musique comme fond sonore dans ses propres publications Instagram est devenu pour de nombreuses entreprises et organisations un moyen courant d’accroître leur visibilité et de communiquer leur marque. Récemment, cependant, les signalements se multiplient : des détenteurs de droits, via des organismes de gestion, prennent des mesures d’avertissement contre des profils professionnels pour l’utilisation supposément non autorisée d’œuvres musicales dans un cadre commercial.

Contexte : Exigences en matière de droits d’auteur et de licences

Conditions d’utilisation dans le secteur B2B

Instagram propose un grand choix de morceaux de musique, notamment via la fonction « autocollant musical ». Il convient toutefois de noter que les contrats de licence sous-jacents incluent généralement seulement une utilisation non commerciale et personnelle des morceaux de musique. Une exploitation commerciale – par exemple sur des profils d’entreprises ou d’indépendants promouvant leurs services – nécessite en règle générale une licence distincte. Faute de tels droits, l’ajout de musique à ses propres contenus publicitaires peut constituer une atteinte aux droits des auteurs et bénéficiaires de droits voisins.

Mesures juridiques des ayants droit

Dernièrement, des organismes spécialisés dans la défense des droits multiplient les réclamations à l’encontre d’entreprises qui auraient intégré des œuvres musicales protégées à leurs contenus sur les réseaux sociaux. Les lettres d’avertissement comprennent le plus souvent une demande de déclaration d’abstention assortie de sanctions, ainsi qu’une demande d’indemnisation et de remboursement des frais engagés pour faire valoir les droits. Les éléments de preuve sont souvent constitués de publications enregistrées ou archivées.

Aspects particuliers pour les entreprises et prestataires de services

Pas de couverture via la licence standard

L’idée selon laquelle les mécanismes de sélection proposés par l’application Instagram permettraient une autorisation générale d’utilisation commerciale se révèle, d’après les analyses actuelles, généralement erronée. La licence standard ne couvre pas l’exploitation à des fins publicitaires ou marketing sur des comptes à vocation commerciale. Cela implique une insécurité juridique accrue pour les entreprises utilisant du contenu musical sans acquisition spécifique des droits.

Conséquences des avertissements et procédures en cours

Les destinataires d’avertissements se voient fréquemment confrontés à des exigences importantes. Dans certains cas, les utilisateurs concernés contestent ces réclamations devant les tribunaux. Selon les informations publiquement accessibles (voir par exemple juraforum.de, à la date de la publication de l’article, source), certaines procédures restent non encore tranchées ; la présomption d’innocence s’applique pour les parties concernées. Tant qu’aucune décision définitive n’est intervenue, une incertitude juridique subsiste sur l’étendue des licences de plateforme existantes.

Mesures préventives à l’attention des entreprises évoluant dans l’environnement numérique

Compte tenu de la situation juridique actuelle et de l’application désormais plus stricte des droits sur des plateformes telles qu’Instagram, il devient d’autant plus important de vérifier soigneusement les droits d’utilisation pour les contenus multimédias intégrés. Les entreprises et organisations sont invitées à s’informer en continu sur les évolutions juridiques pertinentes et à mettre en place des structures adaptées pour garantir la conformité de leur présence sur les réseaux sociaux.

En cas de problématiques similaires ou de réception d’un avertissement, ou encore en cas d’incertitudes concernant la gestion de contenus protégés par des droits d’auteur, il peut être conseillé de solliciter un accompagnement juridique qualifié pour protéger ses intérêts, en particulier pour les questions complexes. Vous trouverez des informations approfondies et un accompagnement en matière de protection des contenus musicaux et médiatiques via le lien suivant vers la conseil juridique en droit de la propriété intellectuelle chez MTR Legal Rechtsanwälte.

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Perspectives et possibilités de l’autogestion dans les procédures d’insolvabilité https://www.mtrlegal.com/fr/perspectives-et-possibilites-de-lautogestion-dans-les-procedures-dinsolvabilite/ https://www.mtrlegal.com/fr/perspectives-et-possibilites-de-lautogestion-dans-les-procedures-dinsolvabilite/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:37:05 +0000 https://www.mtrlegal.com/chancen-und-moeglichkeiten-der-eigenverwaltung-bei-insolvenzprozessen/ Autogestion comme option dans la procédure d’insolvabilité

L’autogestion est un mode particulier de procédure d’insolvabilité dans lequel le débiteur reste en mesure de diriger lui-même les affaires de son entreprise au cours de la procédure en cours. Contrairement à la procédure collective classique, où un administrateur judiciaire est généralement nommé avec des droits et des devoirs étendus, la direction conserve dans le cadre de l’autogestion la compétence décisionnelle essentielle. Ainsi, l’autogestion offre avant tout aux entreprises une marge de manœuvre pour piloter de manière autonome les mesures de restructuration.

Fondements juridiques et conditions d’admission

La possibilité de l’autogestion repose sur les dispositions de la loi sur l’insolvabilité (InsO). Selon l’article 270 InsO, le tribunal d’insolvabilité peut ordonner l’autogestion s’il n’existe pas de circonstances laissant craindre une atteinte aux intérêts des créanciers. Le tribunal demeure tenu d’examiner soigneusement, au cas par cas, les conditions requises et les risques potentiels.

L’ordonnance de l’autogestion suppose en principe une demande du débiteur. Le tribunal peut accéder à cette demande si une gestion régulière et continue est estimée possible et qu’il n’existe aucun indice concret d’abus ou de mise en danger des intérêts des créanciers.

Avantages de l’autogestion par rapport à la procédure d’insolvabilité classique

Maintien des structures décisionnelles de l’entreprise

Un aspect central de l’autogestion est le maintien de la fonction dirigeante par l’équipe de direction en place. Ainsi, le savoir-faire existant dans l’entreprise reste utilisable en période de crise et la capacité d’action est préservée. La direction peut adapter les mesures opérationnelles et stratégiques à l’évolution de la situation sans avoir à obtenir l’accord d’un administrateur judiciaire externe.

Possibilités de restructuration active

L’autogestion favorise des stratégies de restructuration durables. Dans le cadre de la procédure, l’entreprise peut, par exemple, adapter les relations juridiques existantes et, avec l’appui d’un administrateur judiciaire, élaborer un plan d’insolvabilité adapté aux intérêts de l’entreprise. L’assemblée des créanciers conserve ici un rôle central et assure la protection des droits des créanciers.

Facilitation des chances de redressement

En lien avec le régime particulier de la procédure de sauvegarde provisoire selon l’article 270b InsO, l’autogestion accroît les chances de réussite de la restructuration de l’entreprise. Le maintien des structures de gestion en place permet de conjuguer les effets positifs de l’insolvabilité – comme la possibilité d’adapter les obligations contractuelles à long terme – avec les avantages de la responsabilité propre à l’entreprise. Un dialogue transparent avec les créanciers et partenaires peut aussi renforcer la confiance en l’entreprise.

Renforcement de la protection des créanciers par le contrôleur judiciaire

Bien que la direction conserve ses pouvoirs dans le cadre de l’autogestion, elle est placée sous la surveillance d’un contrôleur judiciaire nommé par le tribunal. Ce contrôleur veille au respect des dispositions légales et protège les intérêts de l’ensemble des créanciers. La responsabilité de la conduite de la procédure reste bien entre les mains du débiteur, mais le contrôle externe assure une sécurité supplémentaire pour les intérêts des créanciers.

Évaluation de l’autogestion dans le contexte de l’insolvabilité

Choisir l’autogestion dans une procédure d’insolvabilité requiert un examen attentif de la situation spécifique de l’entreprise. L’autonomie maintenue de la direction offre un large potentiel, dont la réalisation est cependant influencée par de nombreux facteurs juridiques et économiques. En particulier dans l’environnement entrepreneurial, l’autogestion constitue un instrument offrant de nombreuses possibilités d’organisation, où l’équilibre entre continuité, restructuration et protection des créanciers est central.

Pour obtenir davantage d’informations sur l’autogestion et ses implications – en particulier en cas d’exigences spécifiques en droit des sociétés ou propres au secteur –, il est recommandé de solliciter l’aide de professionnels compétents. Un conseil juridique individuel en droit de l’insolvabilité par MTR Legal peut aider à examiner et à évaluer de manière systématique les options et le cadre légal. Vous trouverez d’autres informations à ce sujet sous Conseil juridique en droit de l’insolvabilité.

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Le droit du propriétaire du terrain à l’entretien ne se prescrit pas en cas de manquement aux obligations https://www.mtrlegal.com/fr/le-droit-du-proprietaire-du-terrain-a-lentretien-ne-se-prescrit-pas-en-cas-de-manquement-aux-obligations/ https://www.mtrlegal.com/fr/le-droit-du-proprietaire-du-terrain-a-lentretien-ne-se-prescrit-pas-en-cas-de-manquement-aux-obligations/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:36:34 +0000 https://www.mtrlegal.com/anspruch-des-grundstueckseigentuemers-auf-instandhaltung-verjaehrt-nicht-bei-pflichtverstoss/ Maintien de l’obligation d’entretien du titulaire du droit de superficie

Dans le cadre de l’utilisation continue de terrains dans le contexte de droits de superficie, la question de l’obligation d’entretien revêt une importance centrale. Selon la récente décision de la Cour fédérale de justice (BGH) du 31 janvier 2024 (réf. V ZR 21/24), il est désormais établi que le droit du propriétaire du terrain à un entretien approprié du bâti par le titulaire du droit de superficie n’est soumis à aucun régime de prescription.

Continuité de l’obligation

Le point essentiel du jugement réside dans le fait que l’obligation de réparation et d’entretien constitue un devoir accessoire continu dans le cadre du droit de superficie. Celle-ci vise à garantir, pendant toute la durée du droit de superficie, une utilisation correcte du terrain. Une violation de cette obligation répétée par le titulaire ne fait pas naître une créance distincte et soumise à prescription, mais fonde un droit permanent et récurrent du propriétaire à l’exécution des obligations d’entretien.

Absence de prescription des obligations d’exécution isolées

Distinction par rapport aux droits à réparation

La Cour fédérale de justice a précisé que seuls les droits à indemnisation résultant d’une violation des obligations par le titulaire du droit de superficie sont soumis à la prescription habituelle. Les créances visant directement à l’exécution de l’obligation d’entretien constituent cependant un engagement continu et échappent donc à une prescription autonome. Un propriétaire peut ainsi, pendant toute la durée du droit de superficie, exiger l’exécution des travaux d’entretien non réalisés sans se voir opposer une éventuelle prescription.

Conséquences pour la rédaction contractuelle

Cette décision revêt une importance particulière dans le cadre des contrats relatifs au droit de superficie. Les parties doivent tenir compte, lors de la rédaction de leurs clauses, du caractère permanent de l’obligation d’entretien. Il convient de noter que le titulaire du droit de superficie reste tenu, même longtemps après la conclusion du contrat, de prendre toute mesure nécessaire pour préserver l’état contractuel et conforme du bâtiment.

Conséquences pratiques pour propriétaires et titulaires de droits de superficie

Pérennité de l’obligation d’entretien

La décision du tribunal souligne que le propriétaire du terrain ne doit craindre aucune urgence temporelle pour faire valoir ses demandes de travaux d’entretien. Les dommages déjà constatés ou les mesures omises ne constituent pas un droit soumis à un court délai. Le titulaire du droit de superficie demeure ainsi, sur toute la durée du contrat, tenu de remplir toutes les exigences en matière d’entretien.

Pour les droits de superficie existants ou futurs, cela implique un accent accru sur l’exécution continue des obligations contractuelles de conservation – tant dans l’intérêt d’une utilisation fonctionnelle que pour préserver la valeur du terrain et du bâtiment édifié.


Pour les entreprises, investisseurs ainsi que les particuliers fortunés ayant des questions sur les obligations d’entretien et leur mise en œuvre dans le cadre du droit de superficie, un accompagnement juridique personnalisé est conseillé. Via notre page Conseil juridique en droit immobilier, les interlocuteurs de MTR Legal Rechtsanwälte sont à votre disposition.

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Consultation des dossiers rendue difficile dans une cave exiguë pendant la pandémie de coronavirus https://www.mtrlegal.com/fr/consultation-des-dossiers-rendue-difficile-dans-une-cave-exigue-pendant-la-pandemie-de-coronavirus/ https://www.mtrlegal.com/fr/consultation-des-dossiers-rendue-difficile-dans-une-cave-exigue-pendant-la-pandemie-de-coronavirus/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:36:11 +0000 https://www.mtrlegal.com/akteneinsicht-in-engem-kellerraum-waehrend-corona-pandemie-erschwert/ Défis de la consultation des dossiers en période de pandémie

Le droit à la consultation des dossiers constitue un droit procédural fondamental, accordé à toutes les parties à une procédure pour préparer leur action ou leur défense. Toutefois, la pandémie de COVID-19 pose des défis particuliers lorsqu’il s’agit d’organiser la consultation des dossiers sur place. Ceci est illustré par une décision de la Cour d’appel de Francfort-sur-le-Main (Réf. : 21 W 137/20), qui s’est penchée sur la question de la raisonnabilité d’une consultation de dossier dans une cave exiguë pendant la pandémie.

Conditions générales de la consultation des dossiers

Situation des locaux

Dans la procédure en question, l’accès au dossier a été accordé à une partie uniquement dans une cave d’environ 13 mètres carrés. Aucune solution alternative, telle que l’envoi du dossier ou la mise à disposition de copies numériques, n’a été proposée. Les conditions sur place ne permettaient que très difficilement de respecter les règles de distanciation requises par les mesures sanitaires en vigueur.

Règles d’hygiène et protection de la santé

Dans le même temps, la réglementation en vigueur au moment de la décision, destinée à prévenir les infections, était au centre des débats. La Cour d’appel a examiné dans quelle mesure l’obligation d’accorder la consultation du dossier peut être conciliée avec les exigences de protection de la santé. Selon la cour, ni la taille ni la localisation de la cave ne garantissaient une protection suffisante pour minimiser le risque d’infection.

Appréciation de la Cour d’appel de Francfort-sur-le-Main

La Cour d’appel a précisé que l’obligation d’accorder la consultation des dossiers ne saurait être suspendue. Toutefois, celle-ci doit se faire dans des conditions raisonnables. Orienter durablement une partie vers des locaux exigus et mal aérés, sans tenir compte des impératifs de protection sanitaire liés à la pandémie, n’est pas acceptable. Une adaptation des modalités de la consultation s’impose donc, à la lumière des mesures sanitaires requises.

La cour a souligné que la garantie d’une protection juridictionnelle effective doit toujours être appréciée sous l’angle de la proportionnalité et du souci de la santé des parties concernées. Une stricte dépendance envers les conditions matérielles des lieux d’audience et de consultation doit donc, en présence d’une situation exceptionnelle comme une pandémie, faire l’objet d’une évaluation particulièrement approfondie.

Conséquences pour les parties à la procédure

La décision de justice illustre que le simple accès aux dossiers, sans conditions matérielles appropriées, n’est pas suffisant. Surtout, lorsque les exigences générales de la pandémie ne peuvent être respectées du fait des conditions des locaux, le droit à la consultation est compromis. Les parties conservent alors le droit d’exiger des modalités alternatives de consultation du dossier.

Perspectives et importance juridique

La décision de la Cour d’appel de Francfort-sur-le-Main souligne l’importance d’une gestion adaptée de l’obligation de consultation des dossiers en situations exceptionnelles. La prise en compte de la protection de la santé est un volet essentiel pour garantir la sauvegarde des droits procéduraux et l’accès à la justice, sans négliger les intérêts légitimes des parties (décision du 19.11.2020, Réf. : 21 W 137/20).

Pour les entreprises, investisseurs et particuliers fortunés confrontés, dans le cadre de litiges commerciaux ou de conflits liés au droit des sociétés, à des difficultés analogues lors de la consultation des dossiers, de nombreuses questions relatives à l’organisation correcte de la procédure peuvent se poser. Si des informations complémentaires s’avèrent nécessaires, notre cabinet peut, dans le cadre d’une consultation juridique personnalisée en droit commercial, apporter des pistes pour une analyse orientée vers la recherche de solutions.

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Décision du tribunal régional de Düsseldorf : Pas de responsabilité des anciens directeurs de la Messe pour les pertes https://www.mtrlegal.com/fr/decision-du-tribunal-regional-de-duesseldorf-pas-de-responsabilite-des-anciens-directeurs-de-la-messe-pour-les-pertes/ https://www.mtrlegal.com/fr/decision-du-tribunal-regional-de-duesseldorf-pas-de-responsabilite-des-anciens-directeurs-de-la-messe-pour-les-pertes/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:35:49 +0000 https://www.mtrlegal.com/lg-duesseldorf-entscheidet-keine-haftung-ehemaliger-messe-geschaeftsfuehrer-fuer-verluste/ Aucune responsabilité des anciens directeurs pour les pertes de la Messe Düsseldorf – Décision du tribunal régional de Düsseldorf

Le tribunal régional de Düsseldorf a jugé, dans sa décision du 27 mai 2005, que les anciens directeurs de la Messe Düsseldorf ne sont pas personnellement responsables des pertes subies par la société au cours de l’exercice concerné. L’action intentée contre les membres des organes sortants a donc été rejetée (Affaire : 39 O 73/04).

Contexte de la procédure

Le jugement faisait suite à l’action engagée par la Messe Düsseldorf, en tant que société, contre ses anciens directeurs. La société réclamait des dommages et intérêts d’un montant important, invoquant des pertes comptables pour la période en question. Selon la société, les anciens directeurs auraient manqué à leurs obligations en tant que membres de la direction, causant ainsi un préjudice financier.

Examen de la responsabilité des organes

La question centrale était de savoir s’il y avait, en l’espèce, une responsabilité des anciens directeurs au titre de l’article 43, alinéa 2, de la GmbHG. Le tribunal a examiné les obligations de diligence incombant à un directeur, notamment en ce qui concerne les devoirs de contrôle et de surveillance, ainsi que la nécessité de prendre des mesures adéquates pour éviter un dommage patrimonial à la société. Il appartient à un directeur de diriger l’entreprise selon les principes d’une bonne gestion et de protéger le patrimoine social.

Décision du tribunal régional de Düsseldorf

Le tribunal a rejeté toute violation des obligations par les anciens directeurs. Il n’a pas été constaté qu’ils auraient manqué à leur devoir de diligence concernant les pertes de la société constatées dans les comptes annuels ou omis d’agir comme il se devait. Selon le tribunal, les actions des membres de l’organe relevaient d’une marge d’appréciation entrepreneuriale (la « Business Judgment Rule »). Par ailleurs, aucun élément concret ne justifiait, selon le tribunal, une responsabilité personnelle. L’action a donc été rejetée.

Portée du jugement pour les membres des organes de sociétés de capitaux

La décision souligne que toute évolution financière négative ou une perte comptable ne conduit pas automatiquement à la responsabilité de la direction. Il faut toujours qu’une violation d’obligation soit constatée et qu’un préjudice mesurable en résulte. Les tribunaux procèdent alors à un examen différencié des circonstances factuelles et des obligations de diligence.

Il est conseillé aux sociétés et à leurs organes de vérifier et de documenter en permanence leurs structures internes ainsi que les processus de décision, dans le cadre des prescriptions légales, afin de limiter les risques de responsabilité.

Pour toute question juridique approfondie liée à la responsabilité des organes et aux obligations en droit des sociétés, l’équipe de MTR Legal se tient à votre disposition. Vous trouverez plus d’informations sur Conseil juridique en droit des sociétés.

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Droit de l’enfant mineur à un titre de pension alimentaire illimité https://www.mtrlegal.com/fr/droit-de-lenfant-mineur-a-un-titre-de-pension-alimentaire-illimite/ https://www.mtrlegal.com/fr/droit-de-lenfant-mineur-a-un-titre-de-pension-alimentaire-illimite/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:35:33 +0000 https://www.mtrlegal.com/anspruch-minderjaehriges-kind-auf-unbefristeten-unterhaltstitel/ Droit des enfants mineurs à un titre de pension alimentaire illimité

Selon une décision récente de la Cour d’appel de Bamberg (réf. : 2 UF 14/18), les enfants mineurs bénéficient d’un droit permanent à ce que le parent débiteur de la pension établisse un titre de pension alimentaire sans limitation de durée. Ainsi, l’importance d’un titre non limité pour garantir le versement des pensions alimentaires en faveur des mineurs a été renforcée.

Contexte de la procédure

Dans l’affaire à l’origine de la décision, la représentante légale d’un enfant mineur a sollicité la délivrance d’un titre de pension alimentaire sans limitation dans le temps à l’encontre du parent tenu de payer la pension. Ce parent avait reconnu une pension alimentaire indexée, mais uniquement de manière limitée dans le temps, en justifiant que le titre ne devait s’appliquer que jusqu’à la majorité de l’enfant. La partie adverse a toutefois fait valoir un intérêt digne de protection à l’obtention d’un titre illimité.

Décision de la Cour d’appel

La Cour d’appel de Bamberg a fait droit à la demande de l’enfant et a explicitement reconnu son droit à un titre illimité. Le tribunal a précisé qu’une limitation à la majorité présumée de 18 ans ne répond pas aux exigences légales. Un titre de pension alimentaire a pour but de sécuriser les droits futurs, même s’il n’est pas prévisible au cas par cas si l’obligation alimentaire subsistera après la majorité.

Un titre à durée limitée peut certes être justifié dans certains cas particuliers, si le droit à la pension alimentaire expire de façon évidente à la majorité. Cela ne saurait cependant s’appliquer qu’en présence de circonstances exceptionnelles, qui n’étaient pas données dans cette procédure.

Motivation du droit permanent

La Cour a souligné que la protection de l’enfant mineur, considéré comme particulièrement nécessiteux, prime. Un titre temporaire fait courir à l’enfant le risque, après expiration, de devoir obtenir un nouveau titre, ce qui s’accompagne de grandes incertitudes juridiques et de fait. Dans l’intérêt d’une sécurité fiable des droits alimentaires, seul un titre illimité répond à l’intérêt de l’enfant.

Le tribunal a également précisé que le débiteur ne subit aucun désavantage, car une adaptation ou une suppression ultérieure du titre reste possible par le biais d’une procédure de modification, si des changements significatifs des circonstances de fait ou de droit interviennent.

Portée pratique

L’arrêt souligne l’importance du titre de pension alimentaire illimité pour les enfants mineurs afin d’assurer durablement leurs droits alimentaires et impose des conditions strictes à la limitation de leur validité dans le domaine des pensions alimentaires pour enfants. Cette décision peut influencer des situations comparables et met en avant la protection des enfants mineurs bénéficiaires d’une pension alimentaire.

Pour toutes questions juridiques concernant les droits à la pension alimentaire, notamment en ce qui concerne la limitation ou non des titres, ainsi que pour la sécurisation de vos positions en droit de la famille, il est recommandé d’examiner votre situation de manière approfondie et individuelle. Pour davantage d’informations et une consultation juridique personnalisée en droit de la famille, rendez-vous sur Conseil juridique en droit de la famille.

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Contestation de l’acceptation de la succession possible en cas d’erreur sur l’endettement de la succession https://www.mtrlegal.com/fr/contestation-de-lacceptation-de-la-succession-possible-en-cas-derreur-sur-lendettement-de-la-succession/ https://www.mtrlegal.com/fr/contestation-de-lacceptation-de-la-succession-possible-en-cas-derreur-sur-lendettement-de-la-succession/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:35:08 +0000 https://www.mtrlegal.com/anfechtung-der-erbschaft-bei-irrtum-ueber-nachlassverschuldung-moeglich-2/ L’acceptation d’un héritage est en principe contraignante, mais elle peut toutefois être contestée a posteriori dans certaines circonstances. Par un jugement du 1er avril 2025, le tribunal régional de Frankenthal (Pfalz), statuant en matière civile (réf. 8 O 189/24), a précisé qu’une erreur concernant l’endettement réel de la succession—en particulier sur l’obligation de supporter les frais funéraires—peut être déterminante pour permettre la contestation de l’acceptation de la succession.

Erreur sur l’étendue des dettes successorales

Principaux motifs de la décision du tribunal régional

Dans le cas d’espèce, l’héritière pensait qu’elle n’était soumise à aucune obligation funéraire et que d’autres dettes successorales ne lui incomberaient pas. Après l’acceptation de la succession, il s’est cependant avéré qu’elle devait, en tant qu’héritière, assumer légalement les frais funéraires. Le tribunal a examiné si cette erreur était suffisamment essentielle pour permettre l’annulation de la déclaration d’acceptation pour erreur conformément aux dispositions pertinentes du Code civil allemand (BGB).

Selon la chambre, une erreur relative à la composition des dettes successorales constitue en principe une erreur essentielle sur le contenu, permettant la contestation de la déclaration. Cela englobe en particulier la situation dans laquelle l’héritier n’hérite pas seulement des actifs de la succession, mais également d’obligations en cours, notamment celles découlant du devoir de prise en charge des frais funéraires.

Importance de la connaissance de l’existence des dettes

Il demeure important qu’un droit de contestation n’est pas déjà ouvert lorsque l’héritier a seulement des incertitudes générales sur l’étendue de la succession. L’erreur doit plutôt porter sur une dette concrète et essentielle, dont l’existence, selon le tribunal, a été déterminante pour la volonté d’accepter la succession. Dans le cas présent, l’erreur concernant l’obligation de supporter les frais funéraires a eu une influence suffisante sur la décision de l’héritière.

Conséquences de la contestation de l’acceptation de la succession

Conséquences juridiques pour les parties concernées

La contestation réussie de la déclaration d’acceptation entraîne la suppression rétroactive de la prise d’effet de la succession. Les droits à l’encontre du prétendu héritier issus de la succession—tels que le remboursement de frais funéraires déjà acquittés—n’existent plus, dès lors que la contestation a été déclarée effective. La décision du tribunal régional de Frankenthal souligne que des tiers—tels que les entreprises de pompes funèbres—peuvent également en être concernés.

Adaptation rétroactive de la situation juridique

La reconnaissance du droit à la contestation implique que le défunt est considéré comme si la succession n’avait jamais été acceptée. L’annulation rétroactive s’étend également aux prestations déjà réalisées, à condition qu’elles aient reposé exclusivement sur la qualité d’héritier.

Importance pour le règlement de la succession

La décision du tribunal souligne l’importance d’un examen minutieux et d’une évaluation attentive des dettes successorales avant toute acceptation. Les conséquences d’une erreur ultérieure peuvent être considérables et entraîner d’importantes répercussions juridiques.

Pour les personnes confrontées à des questions sur les successions, la responsabilité successorale ou les dettes de la succession, il est conseillé de faire vérifier tous les aspects du règlement successoral. Davantage d’informations et une analyse juridique personnalisée en droit des successions peuvent être obtenues auprès de MTR Legal Rechtsanwälte via le lien suivant : Conseil juridique en droit des successions.

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L’autorité de contrôle enquête sur la Schufa en raison d’informations insuffisantes sur le score https://www.mtrlegal.com/fr/lautorite-de-controle-enquete-sur-la-schufa-en-raison-dinformations-insuffisantes-sur-le-score/ https://www.mtrlegal.com/fr/lautorite-de-controle-enquete-sur-la-schufa-en-raison-dinformations-insuffisantes-sur-le-score/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:34:39 +0000 https://www.mtrlegal.com/aufsichtsbehoerde-prueft-schufa-wegen-mangelhafter-score-auskunft/ Décision du tribunal administratif de Wiesbaden concernant l’action de surveillance contre la Schufa

La juridiction administrative avait déjà eu à se pencher à plusieurs reprises sur l’étendue des obligations d’information des agences de renseignements vis-à-vis des personnes concernées. Plus récemment, le tribunal administratif de Wiesbaden s’est, par décision du 29 décembre 2023 (réf. 6 K 788/20.WI), prononcé sur la question de savoir dans quelle mesure la législation sur la protection des données permet à la société Schufa Holding AG de mentionner, dans le cadre de la communication du score, les facteurs pris en compte pour le calcul, sans pour autant révéler les pondérations exactes.

Contexte de la procédure

L’origine de la procédure a été l’intervention de l’autorité de contrôle de la protection des données, qui a reproché que la manière dont la Schufa communiquait ses informations aux personnes concernées ne respectait pas suffisamment leurs droits d’accès prévus par l’article 15 du RGPD. Plus précisément, l’autorité reprochait que les informations fournies par la Schufa sur les valeurs de score ne présentaient les bases de calcul qu’à un niveau général, de sorte que les personnes concernées n’étaient pas en mesure de comprendre la logique des décisions individuelles.

Obligations de l’opérateur selon le RGPD

Étendue de l’obligation de communication

La procédure portait principalement sur la portée exacte de l’obligation d’information découlant de l’article 15, paragraphes 1 et 2 du RGPD. Selon ces dispositions, les personnes concernées ont le droit d’obtenir une explication complète sur les données à caractère personnel traitées, y compris des « informations significatives sur la logique impliquée » dans le cadre de processus décisionnels automatisés.

Divulgation des facteurs de pondération

Dans le cadre de la communication du score, la Schufa informait les personnes concernées des types de données pris en compte pour déterminer leur score et expliquait les facteurs de calcul généraux. Cependant, la pondération précise des différents points de données – invoquant la protection des secrets d’affaires – n’était pas communiquée. L’autorité de contrôle des données exigeait par ailleurs que ces informations devaient également être précisées.

Appréciation du tribunal administratif

Équilibre entre l’exigence de transparence et la protection des secrets d’affaires

Le tribunal administratif de Wiesbaden a estimé que la pratique adoptée par la Schufa était globalement conforme aux exigences en matière de protection des données. Le tribunal a notamment jugé que l’objectif de transparence pouvait être atteint par la communication des types de données pertinents et du fonctionnement général, sans restreindre de manière disproportionnée l’intérêt légitime de l’entreprise à la protection de ses secrets d’affaires.

Pas de droit à une information plus détaillée sur les pondérations

En conclusion, le tribunal n’a pas reconnu d’obligation de fournir, au-delà des informations déjà transmises, des détails sur les facteurs de pondération individuels ou les modèles mathématiques. Une telle obligation porterait atteinte à la capacité concurrentielle de l’agence de renseignements, sans pour autant apporter un bénéfice d’information significatif à la personne concernée.

Portée pour les entreprises concernées et les responsables

La décision du tribunal administratif de Wiesbaden revêt une grande importance pour la manière dont les agences de renseignements et d’autres entités traitant des données répondent aux demandes d’accès sur la base du RGPD. La motivation du jugement souligne que la protection des secrets d’affaires continue d’être prise en compte lors de la détermination des obligations d’information. Les entreprises concernées doivent toutefois veiller à fournir des informations significatives sur le fonctionnement de leurs processus décisionnels automatisés.

Il convient de noter que des voies de recours contre cette décision sont actuellement ouvertes (situation selon VG Wiesbaden, 6 K 788/20.WI), de sorte que la situation juridique pourrait faire l’objet d’autres clarifications judiciaires. La présomption d’innocence s’applique donc à toutes les parties concernées.

Besoin de discussion et qualification juridique

Pour les entreprises responsables, la décision précise qu’elles disposent encore d’une certaine marge de manœuvre quant à la manière de satisfaire à leurs obligations issues de l’article 15 du RGPD en lien avec les processus décisionnels automatisés. Néanmoins, la mise en œuvre concrète reste un domaine complexe et en constante évolution, qui doit être régulièrement réévalué à la lumière de nouvelles décisions de justice.

Ceux qui, au vu de la complexité du droit de la protection des données, souhaitent une analyse approfondie de leurs processus en lien avec les droits d’accès et d’information en vertu du RGPD, trouveront des informations complémentaires et des conseils juridiques personnalisés en matière de protection des données chez MTR Legal.

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Légalité des frais annuels dans les contrats d’épargne-logement Riester examinée https://www.mtrlegal.com/fr/legalite-des-frais-annuels-dans-les-contrats-depargne-logement-riester-examinee/ https://www.mtrlegal.com/fr/legalite-des-frais-annuels-dans-les-contrats-depargne-logement-riester-examinee/#respond Tue, 30 Dec 2025 09:34:05 +0000 https://www.mtrlegal.com/zulaessigkeit-von-jahresentgelten-bei-riester-bausparvertraegen-geprueft/ Décision de la Cour d’appel de Francfort-sur-le-Main concernant la légalité des frais annuels dans les contrats d’épargne-logement Riester

La Cour d’appel de Francfort-sur-le-Main a eu à traiter, dans l’affaire 17 U 190/23, la question centrale de savoir si les frais annuels perçus dans le cadre des contrats d’épargne-logement Riester sont conformes aux prescriptions légales en vigueur. L’objet du litige était la pratique, dénoncée par une association de consommateurs, consistant à prélever une redevance annuelle liée à un tel contrat. L’organisation de protection des consommateurs demanderesse soutenait qu’un tel frais contrevenait aux dispositions applicables, notamment du fait des directives d’encadrement spécifiques aux produits Riester.

Situation de fait et déroulement de la procédure

Dans le cas d’espèce, le prestataire d’un contrat d’épargne-logement Riester prévoyait dans ses conditions générales de vente un frais annuel. Cette clause a conduit la partie demanderesse à engager une action en cessation contre l’établissement bancaire. Auparavant déjà, le tribunal de première instance s’était prononcé sur la question, décision qui a ensuite été réexaminée par la juridiction d’appel.

Appréciation par la Cour d’appel de Francfort-sur-le-Main

La Cour d’appel de Francfort-sur-le-Main a rejeté l’appel de l’association de consommateurs et a confirmé – contrairement à la position de la partie demanderesse – la légalité des frais annuels également pour les contrats d’épargne-logement Riester. Dans ses motifs de jugement, la Cour a considéré que la perception d’une redevance annuelle ne contrevenait ni aux règles civiles applicables ni aux normes prudentielles. Les juges ont souligné que le frais annuel faisait partie intégrante de la prestation contractuelle principale et était de ce fait en grande partie soustrait au contrôle de contenu selon l’article 307 du BGB.

Bases juridiques applicables et distinctions

L’argument central du Sénat était la qualification du frais annuel comme paiement pour la gestion centrale et l’administration du contrat dans le cadre du contrat d’épargne-logement Riester. Il a aussi été précisé qu’aucune interdiction expresse des frais administratifs annuels n’émanait ni de la loi sur la certification des contrats d’épargne-retraite (AltZertG) ni des exigences du règlement d’exécution de cette loi (AltZertG-DV). La Cour a ainsi relevé que le législateur, dans le cadre de la promotion, n’avait pas établi de réglementation exhaustive quant à l’exclusion des frais de gestion, et que la liberté contractuelle – y compris pour les produits bénéficiant d’aides publiques – demeurait en principe applicable.

Critères concrets pour le contrôle du contenu

La Cour d’appel a accordé une attention particulière aux exigences relatives à la transparence des clauses utilisées. Selon l’appréciation du tribunal, le frais annuel était indiqué de façon suffisamment claire et compréhensible dans les conditions d’épargne-logement. Aucun désavantage injustifié n’a pu être constaté par les juges. Le montant ainsi que la périodicité du frais étaient conçus de manière transparente pour les cocontractants et ne contenaient aucun élément abusif.

Portée de la décision et perspectives de procédure

La décision de la Cour d’appel de Francfort-sur-le-Main n’est pas définitive. Il reste à voir si un contrôle par la Cour fédérale de justice interviendra. Jusqu’à une clarification définitive par la plus haute juridiction, une incertitude juridique subsiste en ce qui concerne des clauses similaires dans les contrats d’épargne-logement Riester. (Source : Cour d’appel de Francfort-sur-le-Main, jugement du 2 août 2023 – 17 U 190/23)

Appréciation juridique et perspectives d’avenir

La décision en question souligne les exigences de fond et de méthode portant sur les clauses tarifaires dans le contexte des produits de retraite bénéficiant d’un soutien public. Les entreprises et investisseurs impliqués dans la conception des contrats d’épargne-logement Riester ont tout intérêt à suivre de près la législation en vigueur ainsi que les évolutions possibles de la jurisprudence des hautes juridictions.

Pour toute question approfondie relative à la rédaction, la vérification et l’application des conditions contractuelles dans le secteur bancaire ainsi qu’aux questions connexes de régulation, les avocats MTR Legal proposent un accompagnement expert. Une première orientation sur le droit bancaire est disponible sous Conseil juridique en droit bancaire.

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